Le Centre pour la cybersécurité en Belgique déclarait ainsi à nos confrères du Tijd qu'il réfléchissait à la possibilité de bannir Huawei en Belgique.

Ce ne serait pas une première : les Etats-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ferment autant que possible leurs portes à la firme chinoise. Et d'autres y songent. En Belgique, Huawei est très présente : depuis 2015, le fabricant chinois travaille au déploiement du réseau mobile de Proximus. Une majorité des antennes et une partie des équipements aux pieds des mats Proximus sont, en effet, fournis par Huawei qui travaille aussi avec Orange. Le groupe asiatique a par ailleurs choisi la Belgique pour y installer des centres de R&D, à Louvain et Gand, ainsi qu'un bureau public affairs. Sans compter que les smartphones Huawei connaissent un vrai succès sur le marché belge.

Qu'impliquerait alors un blocage en Belgique ? Cela concernerait-il le matériel et les logiciels présents sur les réseaux de nos opérateurs ? Cela porterait-il sur de futures installations ou également sur ce qui est déjà en place ? Auquel cas, il faudrait détricoter une bonne partie du réseau mobile de Proximus. " Il n'y a à ce stade aucun élément concret laissant penser qu'il y aurait des risques de sécurité avec le fournisseur Huawei, insiste Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus. Il n'y a, par ailleurs, aucune directive officielle belge ou européenne qui déconseille un fournisseur en fonction de sa provenance. "

Huawei, de son côté, dément toute entorse à la sécurité. Et certains observateurs voient avant tout, dans cette guerre que mènent les Etats-Unis et d'autres pays au fabricant chinois, une manière de protéger certains fabricants locaux avant le déploiement, très attendu et très lucratif, d'un réseau mobile 5G.

2015

L'année depuis laquelle Huawei travaille au déploiement mobile de Proximus.