Dans un laboratoire, comme dans d'autres espaces de production, le simple positionnement d'un équipement d'analyse ou de production peut influencer la productivité. Pour rentabiliser l'espace, la start-up bruxelloise OUAT ! a créé HakoBio, une plateforme qui permet de concevoir le jumeau numérique d'un laboratoire. " A partir d'une pièce vide en trois dimensions, vous pouvez déplacer des objets (évier, table de travail, machine, etc.) et ajouter des paramètres comme le flux d'air ou le nombre de passages d'une personne sur une journée, détaille Matthieu Egloff, cofondateur de OUAT !. Cela permet de simuler des actions afin d'optimiser l'espace de travail. " Sur un écran d'ordinateur ou v...

Dans un laboratoire, comme dans d'autres espaces de production, le simple positionnement d'un équipement d'analyse ou de production peut influencer la productivité. Pour rentabiliser l'espace, la start-up bruxelloise OUAT ! a créé HakoBio, une plateforme qui permet de concevoir le jumeau numérique d'un laboratoire. " A partir d'une pièce vide en trois dimensions, vous pouvez déplacer des objets (évier, table de travail, machine, etc.) et ajouter des paramètres comme le flux d'air ou le nombre de passages d'une personne sur une journée, détaille Matthieu Egloff, cofondateur de OUAT !. Cela permet de simuler des actions afin d'optimiser l'espace de travail. " Sur un écran d'ordinateur ou via un casque virtuel, l'utilisateur analyse les données avant d'envisager par exemple un aménagement du lieu. Développé début 2015, HakoBio est aujourd'hui le produit phare de OUAT !, start-up créée voici cinq ans pour accompagner les entreprises biotechs dans leur transformation digitale. Avec 700 utilisateurs dans le monde, dont les employés de grandes entreprises comme Beckman Coulter, Sanofi Pasteur ou Servier, le pari est d'ores et déjà gagnant pour la jeune pousse bruxelloise. Les compétences des deux cofondateurs, Matthieu Egloff et Nicolas Vertommen, spécialisés depuis plus de 10 ans dans la biotechnologie, ont clairement apporté du crédit dans un secteur relativement concurrentiel. Si HakoBio est un outil unique à l'échelle belge, la concurrence est rude au niveau mondial. Des groupes comme Siemens, Dassault ou General Electrics développent des solutions proches d'HakoBio. " Notre plus-value, c'est de proposer une solution basée sur le pilotage intuitif du jumeau numérique, défend Matthieu Egloff. Nous apportons une solution plus flexible et humaine que les grands groupes. " Portée par une dizaine de collaborateurs, essentiellement des développeurs et des bioingénieurs, la start-up enregistre une belle croissance depuis sa création en 2013. Entre 2015 et 2018, elle a triplé son chiffre d'affaires sur HakoBio. Elle vit surtout de la vente des licences HakoBio : 200 euros par mois par utilisateur avec un minimum de cinq utilisateurs. " Nous développons également deux autres services, avance Nicolas Vertommen. D'abord l'accompagnement dans la création de jumeaux numériques, ensuite l'adaptation de la plateforme pour des besoins spécifiques d'une entreprise - l'ajout d'un contenu de formation, par exemple. " Cette année, la start-up passe en mode scale-up. En d'autres termes, elle envisage le changement d'échelle, grâce notamment au soutien de la SRIB, organisme bruxellois qui finance les jeunes entreprises en expansion. Après un prêt de 150.000 euros en 2017, la SRIB a complété son soutien par un prêt convertible de 250.000 euros et devrait sous peu entrer au capital de OUAT ! à hauteur de 350.000 euros. " Nous aimerions encore lever 250.000 euros pour compléter un premier tour de table de 600.000 euros, complète Nicolas Vertommen. Nous visons pour cette année 2019 un chiffre d'affaires d'un million d'euros. Cela s'accompagnera par ailleurs par trois engagements ces prochains mois. " Avec des clients en Belgique, en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, avec des utilisateurs partout à travers le monde, la start-up ambitionne surtout l'internationalisation, ce qui pourrait passer par l'ouverture d'une succursale en Asie dès 2020.Par Géry Brusselmans.