La communication du patron de Bpost est claire, selon les syndicats: "Il n'est nullement dans ses intentions de modifier sa vision ou même sa gestion de l'entreprise." Le préavis de grève a été déposé il y a six jours et Bpost n'a pris aucune tentative pour tenter de renouer le contact, dénoncent-ils. Le plan d'action des organisations syndicales comprend une grève tournante à partir du 7 novembre. Les arrêts de travail débuteront dans les centres de tri, mercredi.

Jeudi, c'est le transport qui sera concerné, avant les autres services dans les jours suivants. Selon Jean-Pierre Nyns, du syndicat socialiste CGSP, la grève de cinq jours semble inévitable. Mais s'il se dit ouvert à un signal émanant de la direction, il considère que le CEO de Bpost, Koen Van Gerven, montre "peu d'empathie" pour le personnel et un "manque de respect" qui se ressent dans toutes les couches de l'entreprise.

"Il nous a appelés à sortir de notre zone de confort mais personne ne travaille encore dans sa zone de confort ici", poursuit Jean-Pierre Nyns. "Nous voulons nous aussi un avenir pour l'entreprise. Nous prouvons depuis 10 ans que nous pouvons nous adapter". La direction, de son côté, déplore les actions annoncées.

"Elles touchent le client et le citoyen à un moment où Bpost en tant qu'entreprise doit montrer qu'elle est plus que jamais là pour le client". La direction demande dès lors aux syndicats "de discuter autour de la table de la situation actuelle et des projets d'avenir de l'entreprise".

La direction souligne encore avoir dressé un plan de recrutement dont les premiers résultats sont qualifiés d'encourageants. Le CEO de Bpost dit vouloir, en collaboration avec les représentants du personnel, identifier les problèmes afin de mettre au point un plan d'action clair. La direction veut également discuter d'un plan pour "les défis à long terme" qui se posent pour l'entreprise publique.

Koen Van Gerven conteste ne se soucier que de réductions de coûts et souligne vouloir une entreprise en phase avec ses clients, ce qui est davantage une question de changement que d'économies, selon lui. De son côté, le ministre de tutelle, Alexander De Croo, dit comprendre la situation difficile des travailleurs de l'entreprise postale mais demande tant aux syndicats qu'à la direction "de se mettre autour de la table avec un esprit positif et ouvert".