Toutes les entreprises en difficulté ne sont pas vouées à fermer. C'est l'avis de Pascal Leurquin, qui a relancé plusieurs entreprises en réorganisation judiciaire. " J'ai restructuré les magasins Cameleon qui étaient au bord de la faillite et qui vont très bien maintenant. Depuis, j'ai été sollicité plusieurs fois pour le même genre de mission, notamment chez Systemat ", explique cet ingénieur commercial qui enseigne à la Solvay Business School. Avec Boris Latour, 28 ans, un de ses anciens étudiants devenu serial entrepreneur, il lance un fonds pour consolider et développer l...

Toutes les entreprises en difficulté ne sont pas vouées à fermer. C'est l'avis de Pascal Leurquin, qui a relancé plusieurs entreprises en réorganisation judiciaire. " J'ai restructuré les magasins Cameleon qui étaient au bord de la faillite et qui vont très bien maintenant. Depuis, j'ai été sollicité plusieurs fois pour le même genre de mission, notamment chez Systemat ", explique cet ingénieur commercial qui enseigne à la Solvay Business School. Avec Boris Latour, 28 ans, un de ses anciens étudiants devenu serial entrepreneur, il lance un fonds pour consolider et développer l'activité : Futura Capital " Avec un fonds, nous pouvons disposer de moyens financiers qui vont accélérer la relance d'une entreprise en difficulté ", poursuit Boris Latour. " Les turnarounds sont parfois ralentis par le manque de trésorerie, disposer de cash permet d'aller plus vite. " Le tandem vise deux à trois investissements par an, d'une durée de 24 à 36 mois. Ceci étant, il ne s'agit pas de donner du bois de rallonge à des entreprises en phase terminale ni de relancer une start-up moribonde. " Nous visons des entreprises avec des problèmes mais il faut qu'elles aient un nom, des produits ou des services compétitifs, des clients, une notoriété, des brevets ", précise Pascal Leurquin, qui est devenu un expert en PRJ réussies (procédures en réorganisation judiciaire). " Dans les mutations économiques du monde, les entreprises peuvent affronter trois soucis : un management qui n'est plus à la hauteur, des problèmes de trésorerie, l'incapacité à s'adapter à de nouvelles règles du jeu. " Si l'entreprise leur paraît viable, Futura Capital pourrait y intervenir. " Ce type de fonds n'existe pas en Belgique, peu en France. L'activité est surtout développée en Allemagne ", indique Boris Latour. Le fonds public wallon Sogepa a accepté d'investir 10 millions d'euros dans Futura Capital car le but colle avec l'objectif de cet invest qui vise le redéploiement d'entreprises. Cela lui assure que les dossiers wallons seront majoritaires. Les deux fondateurs y participeront à hauteur de 15 à 25%. Le solde sera obtenu auprès d'actionnaires privés. Les dossiers pourraient aussi venir des fonds traditionnels qui auraient des participations en difficulté, ou des banques qui ont des entreprises clientes en intensive care.L'approche est celle déjà adoptée par Pascal Leurquin chez Cameleon. L'homme prendra chaque fois la fonction de CEO, le temps de relancer l'entreprise, de la réorganiser, de négocier avec les créanciers. Boris Latour se chargera de la phase suivante, la recherche de nouveaux actionnaires, l' exit. Les participations envisagées seront toujours majoritaires. Le tandem a déjà travaillé dans un dossier de relance chez Belsim, une société qui a développé des logiciels pour optimiser l'usage de l'énergie. " C'est un succès, l'entreprise a redémarré, elle recrute à nouveau ", affirme Boris Latour.