"Les expéditions de produits des raffineries de Normandie, Grandpuits et Donges sont bloquées en raison d'un mouvement social lié aux négociations annuelles obligatoires qui ont lieu aujourd'hui au niveau de la branche", a indiqué une porte-parole de Total. "Le dépôt de la bioraffinerie de La Mède est également concerné", a-t-elle ajouté. Selon des sources syndicales, ce dépôt situé dans les Bouches-du-Rhône était paralysé jeudi par une grève à l'appel de la CGT, plusieurs salariés grévistes occupant le rond-point d'accès à la plateforme Total, déjà bloqué par des "gilets jaunes".

Selon Fabien Cros, élu CGT, la grève de 24 heures reconductible est suivie par 87% des salariés postés jeudi matin. "Des négociations salariales annuelles de branche se sont ouvertes aujourd'hui. C'est un jour de mobilisation sur tous les sites face aux menaces de suppressions d'emplois", a-t-il déclaré à l'AFP. "Aucun produit pétrolier n'entre ou ne sort du dépôt", a-t-il encore affirmé, précisant que quelque 150 grévistes CGT distribuaient des tracts sur le rond-point d'accès au site, où une cinquantaine de "gilets jaunes" ont installé depuis plusieurs jours un barrage filtrant. Toutefois la CGT s'est défendue d'avoir rejoint les gilets jaunes, même si les revendications sur le pouvoir d'achat sont les mêmes. "On n'oppose pas les luttes, tout est bon contre Macron. Il y a un ras-le-bol total", a indiqué un gréviste CGT sur place, joint par téléphone.

A la raffinerie de Feyzin (Rhône), Michel Lavastrou, délégué CGT, a fait état d'une "grève depuis mardi et jusqu'à 22 heures ce soir, essentiellement autour de négociations salariales en cours dans la branche". "Environ 65% du personnel posté (impliqué dans la production, ndlr) suit actuellement le mouvement. L'impact sur la production est limité puisque le mouvement n'a été lancé qu'il y a 48 heures", a-t-il précisé. Une trentaine de gilets jaunes étaient encore postés jeudi matin sur un rond-point à proximité de la zone de livraison, et filtraient le passage des camions, selon des employés de la raffinerie. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) entre les organisations syndicales et l'UFIP (Union française des industries pétrolières) ont débuté dans la matinée à Paris et doivent se poursuivre dans l'après-midi. Les syndicats réclament entre 2% et 2,5% de hausse de la grille des salaires. "Le patronat propose pour l'instant +1%, c'est notoirement insuffisant", estime Laurent Grizon, président de la CFE-CGC Pétrole, premier syndicat de la branche du pétrole devant la CFDT (2e) et la CGT (3e). "C'est en négociation", a simplement indiqué un porte-parole de l'UFIP, sans donner de détail chiffré.