Jeudi après-midi, après avoir repoussé à trois reprises la date de clôture pour le dépôt des offres, les juges réunis en audience se sont prononcés pour la liquidation judiciaire immédiate, a constaté une journaliste de l'AFP.

La maison parisienne de prêt-à-porter, en difficulté depuis le décès de sa créatrice emblématique en 2016, avait demandé en avril son placement en redressement judiciaire.

Au cours des derniers mois, une petite dizaine de repreneurs avaient manifesté leur intérêt pour la marque. Trois offres - partielles cependant - sortaient du lot: un dossier emmené par Emmanuel Diemoz, ancien dirigeant de Balmain, une proposition émanant d'un groupe chinois et une autre formulée par des entrepreneurs du secteur immobilier.

Mais tous ont finalement jeté l'éponge, et les juges n'ont donc eu aucune offre à examiner jeudi, selon plusieurs sources concordantes.

"Cela implique le licenciement des 131 salariés", a commenté auprès de l'AFP, l'avocat des représentants des salariés, Thomas Hollande, à l'issue de l'audience, alors que plusieurs employés, qui avaient fait le déplacement au tribunal, fondaient en larmes à l'annonce de la liquidation.

"A présent, la tâche des représentants des salariés va être de négocier les meilleures conditions de départ possibles", a souligné Me Hollande.

"La liquidation va aussi donner lieu à la vente des actifs, dont le principal est la marque, mais aussi le stock et les fonds de commerce. Nous avons demandé à ce qu'une partie de cet argent puisse servir aux salariés", a-t-il ajouté.

En 2018, la griffe de Saint-Germain-des-Prés fondée à la fin des années 1960, a enregistré 35 millions d'euros de ventes, pour une perte nette de 30 millions d'euros. Elle s'appuie sur un réseau actuel, en propre, de six boutiques ainsi que quatre "outlets" (magasins de déstockage), et réalise un peu plus de 50% de ses ventes en France.