Pour se mettre en conformité avec la loi du 24 juillet -transposition de la Directive européenne sur le droit d'auteur et les droits voisins- entrée en vigueur jeudi, le groupe californien va demander "l'autorisation des éditeurs de presse pour afficher sur [ses] plates-formes en ligne, dans un format enrichi, les liens vers leurs contenus", a précisé un article de blog par Jesper Doub, directeur des partenariats News en Europe, Moyen-Orient et Afrique chez Facebook.

Ce nouveau droit, devenu une pomme de discorde entre la presse française et le géant de la recherche Google, doit permettre aux éditeurs de journaux de négocier avec les géants du numérique (qui captent l'essentiel des recettes publicitaires en ligne) une rémunération pour la réutilisation de leurs contenus sur la toile.

Selon le raisonnement de Facebook, les éditeurs donnent déjà leur consentement lorsqu'ils publient eux-mêmes leur contenu sur le réseau social. Pour les liens vers des articles partagés par des utilisateurs -"une très petite part des contenus" selon Facebook qui n'a pas souhaité être plus précis- les éditeurs de presse pourront donner leur accord à l'affichage des liens enrichis, sans rémunération à la clé.

Pour les éditeurs qui ne donneraient pas leur accord, les liens qui peuvent comporter aujourd'hui un titre, un extrait de texte, la mention de l'auteur, des images ou un extrait vidéo ne pourront être affichés que comme un hyperlien et un titre, précise Facebook sur une page dédiée aux éditeurs.

Cependant, à l'inverse de Google, l'accord -révocable- sera donné pour tous les articles d'un même éditeur et non pour chaque article indépendamment, a précisé Facebook.

Parallèlement à cette annonce, le réseau social dit avoir fait de la France une "priorité" pour l'élargissement de son onglet dédiée à l'actualité Facebook News, qui doit être lancé ce vendredi aux Etats-Unis. Selon l'article de Jesper Doub, "des discussions" sont engagées "avec les éditeurs français pour mettre en place sur Facebook un espace dédié" aux contenus d'actualité, via des éditeurs sélectionnés qui pourraient être rémunérés.

"Nos discussions avec les éditeurs français pour définir ce à quoi ressemblerait la meilleure expérience en la matière et comment nous pourrions rémunérer nos partenaires de façon appropriée, sont déjà en cours et se poursuivront", est-il précisé.