Le groupe liégeois spécialisé dans les enregistreurs et les équipements pour la télévision numérique avait en effet annoncé en mai une chute de 40 % de son bénéfice net par rapport au premier trimestre 2017 et, surtout, un carnet de commandes qui a du mal à se remplir : au 10 mai dernier, EVS avait engrangé 32,3 millions de commandes, soit une baisse de 9 % sur un an. Mais si l'on ne tien...

Le groupe liégeois spécialisé dans les enregistreurs et les équipements pour la télévision numérique avait en effet annoncé en mai une chute de 40 % de son bénéfice net par rapport au premier trimestre 2017 et, surtout, un carnet de commandes qui a du mal à se remplir : au 10 mai dernier, EVS avait engrangé 32,3 millions de commandes, soit une baisse de 9 % sur un an. Mais si l'on ne tient pas compte des revenus des locations concernant les grands événements sportifs (comme la Coupe du Monde de football), le repli est de 28 % par rapport à l'an dernier. Les problèmes de chaînes de télévisions classiques face aux chaînes internet qui réclament moins de moyens techniques expliquent en partie cette tendance. Et la baisse du bénéfice reflète aussi l'augmentation des frais de développement consentis pour la mise au point d'un nouveau serveur numérique. Les difficultés opérationnelles d'EVS ont eu deux conséquences. D'une part, l'annonce - surprise - du départ de Muriel De Lathouwer, après un peu plus de trois ans à la tête du groupe. On évoque en coulisses des problèmes relationnels au sein du management. Mais cette démission reflète sans doute autre chose que de simples problèmes de personnalité : EVS a en effet consommé trois CEO en sept ans. Et il y a un autre effet de ces résultats et du départ de la CEO : une chute brutale du cours de Bourse. L'action se traite en effet 40 % en dessous de ce qu'elle valait voici un an. Dès lors, certains analystes évoquent la possibilité d'un rachat. " Nous pensons que la chute de l'action et l'affaiblissement du conseil augmentent quelque peu les chances qu'EVS devienne la cible d'une offre de rachat ", soulignent les analystes d'ING. Si les problèmes structurels d'EVS persistent, le groupe risquerait en effet de devenir un oiseau pour le chat.