Les quotas ont donné lieu à de nombreux débats ces dernières années, mais les statistiques attestent de leur efficacité. Selon le centre de connaissances GUBERNA, 80,52% des sociétés cotées en Bourse ont satisfait l'an dernier à l'exigence des 30% de femmes au sein des conseils d'administration (selon les bilans de 2017). Ce taux n'était que de 37,5% pour les sociétés non cotées, qui n'ont pas encore l'obligation de nommer un tiers de femmes parmi leurs administrateurs, et il aurait même reculé à 35,3% cette année.

Les Belges estiment que ces chiffres ne sont plus acceptables, selon une étude de l'agence d'études de marché Profacts commandée par Women On Board. Cette association sans but lucratif oeuvre en faveur d'une meilleure représentation des femmes au sein des conseils d'administration et des directions générales. L'enquête menée auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 Belges révèle que 79% des Belges éliraient un conseil d'administration avec une parité entre femmes et hommes s'ils étaient patrons d'entreprise. Autre chiffre significatif : 59% des Belges considèrent "scandaleux" qu'un conseil d'administration ne compte aucune femme.

Long terme

Les participants à l'enquête ont également dû indiquer pour une longue liste de thèmes si un conseil d'administration plus diversifié obtiendrait de meilleurs résultats qu'un conseil à dominance masculine. Rien d'étonnant à ce qu'une politique plus claire en matière de diversité figure dans le top cinq. Les Belges considèrent que les femmes font également la différence dans les relations avec les partenaires sociaux, l'impact sur le climat, la durabilité à long terme et une vision solide à long terme.

Pourquoi les conseils d'administration avec une parité entre les sexes seraient-ils plus performants pour ces thématiques ? L'enquête ne s'est pas penchée sur la question, mais Nicoline Spruijt a son avis. Elle fait partie du comité exécutif de Women on Board, et est associée gérante et directrice stratégique de l'agence de marketing Brandhome. Elle est aussi membre du conseil consultatif de la Brasserie De Brabandere en Flandre occidentale.

Nicoline Spruijt © .

"Le lien entre ces cinq thèmes et le long terme est flagrant", affirme-t-elle. "On dit souvent que les hommes veulent des résultats plus rapides, alors que les femmes adoptent une vision plus holistique. Elles considèrent l'entreprise davantage dans son ensemble : la collaboration entre les différents départements et la manière dont les sujets s'affaiblissent ou se renforcent mutuellement." Nicoline Spruijt, qui est désormais l'une des forces motrices de Women On Board aux côtés de la CEO Trees Paelinck et de la présidente du conseil d'administration Françoise Roels, souligne la pertinence des cinq thèmes sur lesquels les femmes font la différence. "Les relations avec les partenaires sociaux par exemple n'ont rien d'une thématique secondaire."

59% des répondants considèrent "scandaleux" qu'un conseil d'administration ne compte aucune femme.

Traduction : virginie·dupont·sprl