Pour se conformer à la loi, la cinquantaine de communes néerlandaises propriétaires d'Eneco avaient séparé les activités de réseau et de production de l'entreprise en Stedin (réseau) et Eneco Group. Ce dernier, propriétaire à 100 % d'Eneco Belgique, avait été mis en vente au printemps dernier suivant le principe des enchères contrôlées.

De grands noms de l'énergie comme Shell, Total ou Engie avaient été évoqués mais c'est finalement un acteur japonais qui a raflé la mise. Un consortium formé à 80 % par Mitsubishi Corporation, une gigantesque société de négoce qui fait partie du conglomérat Mitsubishi et qui a de grandes ambitions dans la transition énergétique, et à 20 % par Chubu, la troisième plus grande société énergétique japonaise avec environ 10,2 millions de contrats axés sur les sources d'énergie non fossiles. Selon Eneco, le consortium a proposé la meilleure offre pour l'entreprise et les employés. Elle comporte un prix d'achat de 4,1 milliards d'euros et l'apport dans Eneco d'une partie (plus de 400 MW) des activités éoliennes offshore de Mitsubishi. Il est prévu également qu'Eneco reste en l'état : il n'y aura pas de modification de la marque, ni de son positionnement.

Par ricochet, Mitsubishi Corporation et Chubu deviennent donc n°3 du secteur énergétique belge en devenant propriétaire d'Eneco Belgique. La victoire japonaise implique aussi qu'il n'y aura pas de consolidation du marché belge. Au siège d'Eneco Belgique à Malines, on précise que rien ne change pour la société ni pour ses clients. Depuis septembre, elle est dirigée par Jean-Jacques Delmée. Au début du mois, le nouvel administrateur délégué avait précisé quelques-uns de ses objectifs : poursuivre le développement dans le durable mais compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien en achetant la production de la centrale au gaz de Vilvorde et en poursuivant le projet d'Eni de construction d'une centrale au gaz à Manage.