Il n'y aura plus de grosse acquisition pour AB InBev après celle du numéro deux mondial, SABMiller. L'opération, qui représente plus de 90 milliards d'euros, va porter le groupe belgo-brésilien au tiers du marché mondial de la chope. Il en détient actuellement 20,8%, SABMiller, 9,7%. Les suivants dans le classement, Heineken et Carlsberg, 9,1% et 6,1% de part de marché, sont hors de la portée d'AB Inbev. Un important actionnaire de Heineken a déjà refusé les avances du brasseur de Louvain. Carlsberg n'est pas "opéable" car il est largement contrôlé par une fondation. Si AB InBev souhaite encore racheter des géants, il devra attaquer d'autres secteurs voisins, comme les softdrinks.
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Il n'y aura plus de grosse acquisition pour AB InBev après celle du numéro deux mondial, SABMiller. L'opération, qui représente plus de 90 milliards d'euros, va porter le groupe belgo-brésilien au tiers du marché mondial de la chope. Il en détient actuellement 20,8%, SABMiller, 9,7%. Les suivants dans le classement, Heineken et Carlsberg, 9,1% et 6,1% de part de marché, sont hors de la portée d'AB Inbev. Un important actionnaire de Heineken a déjà refusé les avances du brasseur de Louvain. Carlsberg n'est pas "opéable" car il est largement contrôlé par une fondation. Si AB InBev souhaite encore racheter des géants, il devra attaquer d'autres secteurs voisins, comme les softdrinks.Carlos Brito, CEO d'AB InBev, a eu du mal à convaincre les administrateurs de SABMiller, un groupe d'origine sud-africaine basé à Londres. Après avoir tenté vainement deux offres formulées en privé, en septembre, il a décidé de rendre les autres offres publiques, début octobre, afin de mettre la pression sur SABMiller. Il a finalement réussi, mais a dû augmenter son prix à 44 livres (vs 42,15 livres pour la première offre publique). La transaction est valorisée à presque 69 milliards de livres (plus de 90 milliards d'euros). Une partie, toutefois, ne sera pas décaissée, car AB InBev a proposé un échange d'actions pour les actionnaires qui le souhaitaient, jusqu'à 41% du total des actions. La formule vise les grands actionnaires, l'américain Altria et le Colombien Bevco, respectivement 26,6% et 13,9% des parts, qui préféraient un échange de titres au cash pour des raisons fiscales.Pour AB InBev, l'opération ouvre à la fois la voie à de synergies et ouvre l'accès à des marchés complémentaires, comme l'Afrique. SABMiller est présent dans le monde entier, avec, notamment, les marques Peroni (Italie), Pilsner Urquell (Tchéquie), Coors (USA), Grolsch (Pays-Bas). Il n'est toutefois guère présent en Belgique, où AB InBev domine le marché devant Heineken (Maes, Mort Subite, ...)..Cette énorme acquisition n'est pas la première grosse opération lancée par AB InBev. Le groupe est connu pour son talent à digérer de grands rachats. En 2008, lorsqu'il ne s'appelait encore qu'InBev, il avait entrepris le rachat du géant américain Anhauser-Busch. Carlos Brito était parvenu à dégager des économies à hauteur de 15% des revenus. Et à pousser AB InBev à un niveau de rentabilité exceptionnel d'environ 20% de marge nette sur les ventes. Il compte bien répéter l'opération avec SABMiller. Toutefois il faudra attendre quelques années avant de voir apparaître les gains de l'acquisition. SABMiller étant bien géré, le potentiel d'économie y est plus modéré que pour les précédents rachats, et le prix consenti est très élevé. Selon Wim Hoste, analyste chez KBC Securities, "Avec des économies estimées à 2 milliards de dollars en synergies, nous pensons que le deal ne produira de la valeur pour les actionnaires qu'après 2022" (Morning Note du 13 octobre 2014).Le travail pour digérer SABMiller va prendre du temps car il faut au préalable déminer les dossiers de la concurrence. Dans plusieurs pays, AB InBev devra sans doute annoncer des cessions d'actifs pour que le rachat soit avalisée par les autorités nationales de la concurrence. Le cas le plus souvent évoqué est les Etats-Unis, où AB InBev détient déjà 47% du marché, et SABMiller, 29%, avec sa filiale MillersCoors. Le groupe belgo-brésilien a intérêt à ce que l'acquisition aboutisse. En cas d'échec avec les autorités de régulation ou de rejet des actionnaires d'AB InBev, ce dernier devra verser une indemnité de 3 milliards de dollars à SABMiller. Pour l'heure, l'accord est présenté par SABMiller comme une "Possible Offer".