La distribution de ce dividende soulève des questions parce qu'Electrabel fait état dans son dernier rapport annuel d'une perte colossale de 2 milliards d'euros. Une telle saignée, avertissent les spécialistes, affaiblit un peu plus Electrabel alors que l'entreprise doit relever un défi considérable: le démarrage, dans un peu plus d'un an, de la sortie du nucléaire.

La ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen) se montre critique à l'égard de ce dividende. "Si c'est le prélude à un démantèlement d'Electrabel, avant que la facture de la sortie du nucléaire ne soit payée, c'est inacceptable", pointe-t-elle.

La porte-parole d'Electrabel, Hellen Smeets, défend la distribution de ce dividende. "Nous sommes une entreprise solide, dotée de quelque 22 milliards d'euros de fonds propres et bénéficiant de ratings élevés. Nous sommes en mesure de verser des dividendes", affirme-t-elle. "C'est d'ailleurs le premier dividende en dix ans - mis à part le dividende en nature versé il y a quelques années".

Dans une réaction transmise à l'agence Belga, Electrabel concède que ses activités belges sont sous pression, ce qui se traduit par des exercices régulièrement en perte, mais souligne que les activités internationales affichent par contre "des résultats solides". En 2019, le groupe a réalisé sur une base consolidée plus de 15,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 3,9 milliards d'excédent brut d'exploitation, permettant à Electrabel SA de bénéficier d'importantes distributions de dividendes de ses filiales internationales (8,4 milliards en 2019 et 1,1 milliard en 2020), rappelle sa porte-parole.

"Engie est légitimement en droit d'attendre un retour sur investissement de sa filiale. Aucun dividende n'a été versé en 2019 par Electrabel. Le dividende payé en 2020 représente un dividende de l'ordre de 3 à 4% des capitaux propres (22 milliards d'euros), ce qui correspond à un niveau normal de dividende récurrent", poursuit Hellen Smeets.

Entre 2011 et 2020, le groupe n'a affiché un bénéfice que pour trois exercices, pour un total de 3,1 milliards d'euros. Les sept autres exercices ont conduit à une perte cumulée de 6,2 milliards d'euros. Entre-temps, Electrabel avait cependant déjà versé un dividende de 1,66 milliard d'euros (en nature) à sa maison-mère Engie.

Or, il est crucial qu'Electrabel soit saine financièrement pour pouvoir financer la sortie du nucléaire. Selon une loi de 2003, plus de 14 milliards d'euros de provisions ont déjà été logés chez Synatom en vue du démantèlement des réacteurs et du stockage des déchets radioactifs.

Dans sa réaction, Electrabel assure être une "entité robuste" capable de faire face à l'ensemble de ses obligations en matière de démantèlement des centrales nucléaires et de gestion du combustible usé.

La distribution de ce dividende soulève des questions parce qu'Electrabel fait état dans son dernier rapport annuel d'une perte colossale de 2 milliards d'euros. Une telle saignée, avertissent les spécialistes, affaiblit un peu plus Electrabel alors que l'entreprise doit relever un défi considérable: le démarrage, dans un peu plus d'un an, de la sortie du nucléaire. La ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen) se montre critique à l'égard de ce dividende. "Si c'est le prélude à un démantèlement d'Electrabel, avant que la facture de la sortie du nucléaire ne soit payée, c'est inacceptable", pointe-t-elle. La porte-parole d'Electrabel, Hellen Smeets, défend la distribution de ce dividende. "Nous sommes une entreprise solide, dotée de quelque 22 milliards d'euros de fonds propres et bénéficiant de ratings élevés. Nous sommes en mesure de verser des dividendes", affirme-t-elle. "C'est d'ailleurs le premier dividende en dix ans - mis à part le dividende en nature versé il y a quelques années". Dans une réaction transmise à l'agence Belga, Electrabel concède que ses activités belges sont sous pression, ce qui se traduit par des exercices régulièrement en perte, mais souligne que les activités internationales affichent par contre "des résultats solides". En 2019, le groupe a réalisé sur une base consolidée plus de 15,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 3,9 milliards d'excédent brut d'exploitation, permettant à Electrabel SA de bénéficier d'importantes distributions de dividendes de ses filiales internationales (8,4 milliards en 2019 et 1,1 milliard en 2020), rappelle sa porte-parole. "Engie est légitimement en droit d'attendre un retour sur investissement de sa filiale. Aucun dividende n'a été versé en 2019 par Electrabel. Le dividende payé en 2020 représente un dividende de l'ordre de 3 à 4% des capitaux propres (22 milliards d'euros), ce qui correspond à un niveau normal de dividende récurrent", poursuit Hellen Smeets. Entre 2011 et 2020, le groupe n'a affiché un bénéfice que pour trois exercices, pour un total de 3,1 milliards d'euros. Les sept autres exercices ont conduit à une perte cumulée de 6,2 milliards d'euros. Entre-temps, Electrabel avait cependant déjà versé un dividende de 1,66 milliard d'euros (en nature) à sa maison-mère Engie. Or, il est crucial qu'Electrabel soit saine financièrement pour pouvoir financer la sortie du nucléaire. Selon une loi de 2003, plus de 14 milliards d'euros de provisions ont déjà été logés chez Synatom en vue du démantèlement des réacteurs et du stockage des déchets radioactifs. Dans sa réaction, Electrabel assure être une "entité robuste" capable de faire face à l'ensemble de ses obligations en matière de démantèlement des centrales nucléaires et de gestion du combustible usé.