C'est la guerre des talents dans la grande distribution. La semaine dernière, Delhaize frappait un grand coup en annonçant par voie de presse sa volonté de recruter pas moins de 1.000 nouveaux collaborateurs.
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C'est la guerre des talents dans la grande distribution. La semaine dernière, Delhaize frappait un grand coup en annonçant par voie de presse sa volonté de recruter pas moins de 1.000 nouveaux collaborateurs. La marque au lion, qui emploie 13.000 salariés permanents en Belgique (hors jobistes et personnel des magasins affiliés), veut en fait engager des profils de chefs d'équipe. Plus particulièrement, dans le jargon delhaizien, des team leaders (chefs de rayon), des store managers et des assistant store managers. Des profils visiblement difficiles à dénicher... et à garder. " Les salaires ne sont pas très élevés et ce sont des personnes auxquelles on demande de faire pas mal de choses ", explique Myriam Delmée, vice-présidente du syndicat SETCa, en charge du commerce. La syndicaliste estime toutefois que la sortie de Delhaize relève avant tout d'un effet d'annonce. " Pour ce genre de profils, il y a peut-être un déficit de 150 à 200 postes tout au plus. Si Delhaize compte engager autant de nouveaux collaborateurs, cela signifie qu'il y aura d'office des réorientations d'anciens travailleurs qui seront placés sur une voie de garage et poussés vers la sortie. " Du côté du distributeur, on assure que ce chiffre de 1.000 embauches n'a absolument pas été lancé au hasard. Il concerne, nous dit sa porte-parole Karima Ghozzi, tant les magasins que les centres de distribution. " Il correspond approximativement au nombre de personnes que nous engageons chaque année ", précise celle qui reconnaît toutefois que l'objectif n'est pas d'augmenter de manière substantielle le nombre de bras en magasin. Côté syndical, on s'étonne en tout cas des profils recherchés alors que, d'après Myriam Delmée, " la nouvelle organisation du travail testée depuis quelque temps par Delhaize est basée sur la diminution du nombre de chefs ". " Cherchez l'erreur, lance-t-elle. D'autant que les magasins ont plutôt besoin de bras supplémentaires au niveau du réassort. " Les chefs de rayon, explique-t-on au sein de l'enseigne, sont aussi amenés à faire du réassort. " Nous leur demandons la même polyvalence, affirme Karima Ghozzi. Ce n'est pas parce que nous voulons engager des chefs d'équipe que ces derniers ne devront pas mettre la main à la pâte. " Reste qu'on peut se demander pourquoi Delhaize a dû se séparer de 2.000 personnes dans le cadre de sa restructuration de 2014 pour, quelques années plus tard, réengager des profils similaires. " A l'époque, nous ne nous portions pas bien, explique la porte-parole. Mais nous nous sommes renforcés et nous avons connu une bonne année 2018. Nous engageons car nous souhaitons maintenir nos bons résultats, et les collaborateurs qui nous ont quittés peuvent tout à fait postuler à nouveau. "