C'est ce qui s'appelle une transition compliquée. Depuis sa sortie, fin 2016, de la société britannique Pladis, holding du groupe turc Yildiz, l'entreprise Biscuits Delacre (132 millions d'euros de chiffre d'affaires) a vu ses coûts augmenter de 8,8 millions d'euros l'année dernière, passant de 138,5 à 147,3 millions d'euros. Alors qu'elle enregistrait en 2016 un bénéfice d'exploitation de 116.225 euros, la biscuiterie, désormais entre les mains du géant italien Ferrero, affichait l'an dernier une perte d'exploitation de 13,4 millions d'euros. Sa perte au niveau de...

C'est ce qui s'appelle une transition compliquée. Depuis sa sortie, fin 2016, de la société britannique Pladis, holding du groupe turc Yildiz, l'entreprise Biscuits Delacre (132 millions d'euros de chiffre d'affaires) a vu ses coûts augmenter de 8,8 millions d'euros l'année dernière, passant de 138,5 à 147,3 millions d'euros. Alors qu'elle enregistrait en 2016 un bénéfice d'exploitation de 116.225 euros, la biscuiterie, désormais entre les mains du géant italien Ferrero, affichait l'an dernier une perte d'exploitation de 13,4 millions d'euros. Sa perte au niveau de l'exercice passait, quant à elle, de 1,2 million d'euros en 2016 à 13,9 millions en 2017. Au 31 décembre 2017, Biscuits Delacre aura finalement dû affecter une perte globale de 25,3 millions d'euros, qui comprend la perte de l'exercice clôturé ainsi que 11,3 millions de perte reportée de l'exercice précédent. Comme l'expliquent nos confrères de L'Echo, ces pertes élevées ont fait glisser l'actif net de l'entreprise à moins du quart du capital social : 3,3 millions d'euros pour un capital de 27,4 millions. Voilà qui a enclenché la procédure dite de la sonnette d'alarme prévue à l'article 633 alinéa 4 du Code des sociétés. Le conseil d'administration a de ce fait dû rédiger un rapport spécial demandant à l'assemblée générale d'approuver la poursuite des activités. " Le conseil d'administration rappelle que la société fait partie d'un groupe de sociétés dont les assises financières sont solides ( CTH Invest, la société d'investissement belge du patron de Ferrero, Giovanni Ferrero, Ndlr), peut-on lire dans ce rapport. Une augmentation des fonds propres de la société est actuellement à l'examen, au moyen d'une augmentation du capital et de la prime d'émission, le cas échéant. Une réduction de capital est également envisagée. " Si l'entreprise a vu ses coûts augmenter et sa perte se creuser, c'est, explique-t-elle dans ses comptes annuels, en raison d'" effets liés au changement de structure de vente, principalement pour le marché français et les marchés d'exportation. A la suite de ce changement, la société subit en direct les coûts d' advertising et promotions, ainsi que les coûts logistiques pour les marchés d'export ". Au niveau des coûts de personnel, il y a également eu une augmentation de 957.000 euros. " Cette augmentation est la suite logique de l'organisation que la société est en train de mettre en place pour pouvoir faire face et soutenir le développement planifié du business. " Les nouveaux propriétaires de la marque ont en effet investi dans l'équipe de direction, le personnel, la gamme de produits, le marketing et la publicité. Ils espèrent à présent que tous ces investissements, ainsi que l'augmentation/réduction de capital destinée à faire remonter son actif net et apurer ses pertes, pourront faire repartir l'entreprise du bon pied.