1. A contre-courant

Ecover compte quelque 70 références dans son portefeuille de produits, développés par une équipe de sept personnes à Malle. La société se distingue dès la phase de conception, comme l'explique Tom Domen, responsable de l'innovation à long terme chez Ecover : " Au départ de la conception d'un produit, on se pose classiquement la question suivante : que doit-il apporter au consommateur ? Ensuite, le produit a souvent des effets secondaires nocifs, auxquels on s'efforce de remédier ultérieurement par le biais de solutions telles que l'épuration des eaux et le recyclage. Chez Ecover, nous faisons l'inverse. Nous prenons en considération le cycle de vie complet du produit et l'améliorons progressivement pour répondre aux exigences du consommateur moderne. "

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2 . Végétal

Les produits Ecover sont élaborés à partir de matières premières végétales. " La plupart des produits d'entretien conventionnels contiennent principalement des ingrédients pétrochimiques, poursuit Tom Domen. Dans notre approche du cycle de vie, nous évitons les matières premières fossiles et privilégions les matières premières renouvelables, en particulier les huiles naturelles comme l'huile de colza, mais aussi les huiles tropicales de coco et de palme. Nous étudions actuellement la manière de valoriser davantage les matières premières locales telles que le colza. Les déchets agricoles constituent une autre piste intéressante. Nous travaillons déjà avec un ingrédient issu de la paille. "

3. Transformation

Lors de la phase suivante, les huiles végétales sont transformées en produits chimiques. " Nous ne le faisons pas nous-mêmes, précise Tom Domen. Nous achetons les matières premières transformées, mais nous avons une machine de transformation d'essai. Nous l'utilisons pour développer nos propres ingrédients, après quoi nous transmettons les spécifications aux fournisseurs. L'art est d'extraire, grâce aux bonnes techniques de transformation, la puissance des matières premières végétales, afin qu'elles agissent aussi bien, voire mieux, que les variantes pétrochimiques. Nous procédons de plus en plus par fermentation. "

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4. Cuves de mélange Les ingrédients sont mélangés dans des cuves de 10 à 40 mètres cubes. Ce processus est en grande partie automatisé. La formule du produit est encodée, après quoi les ingrédients sont pompés dans les cuves via un système de distribution. Seules les petites quantités d'additifs sont ajoutées manuellement.

5. Embouteillage

Le bon produit dans la bonne bouteille. Un réseau de canalisations relie les cuves à quatre lignes d'embouteillage. Ces dernières années, Ecover a énormément investi dans la modernisation de ces systèmes, ce qui lui permet de traiter aujourd'hui une grande variété de produits et de conditionnements. Les lignes les plus rapides remplissent 70 à 120 bouteilles par minute.

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6. Stockage et transport

La production quotidienne de l'usine de Malle oscille autour de 125.000 bouteilles. Celles-ci ne restent pas longtemps dans notre pays. Depuis peu, la distribution mondiale des produits Ecover est centralisée au Royaume-Uni. " C'est le résultat d'une étude de marché, au cours de laquelle nous avons évalué les partenaires potentiels non seulement en fonction de leurs prix, mais aussi de leurs investissements dans l'énergie et le transport durables. Le gagnant, le logisticien britannique Bibby, investira notamment dans des panneaux solaires sur les toits des entrepôts ainsi que dans des camions roulant au gaz naturel et à l'électricité. "

Un écopionnier aux racines ampinoises

Fabriquer des détergents sans phosphate, c'est l'idée de base d'Ecover. Dans les années 1970, on prend conscience que les phosphates contenus dans les lessives sont très nocifs pour les eaux de surface. En 1979, l'industriel Frans Bogaerts lance des produits d'entretien sans phosphate dans sa Campine natale. " Ecover a surfé sur une première vague verte dans les années 1980, raconte Tom Domen. Mais le soufflé est retombé rapidement parce que ces produits verts ne répondaient pas tout à fait aux attentes des consommateurs. " Ecover investit alors massivement dans la recherche et le développement. En 1992, la société construit une usine écologique à Malle. " Nous disposions de produits très performants lorsqu'une deuxième vague verte a débuté dans les années 1990. C'est alors que nous avons connu une forte croissance. "

En 2012, Ecover fusionne avec Method, un producteur américain de produits d'entretien écologiques partageant la même philosophie. " Une démarche logique de deux entreprises complémentaires, précise Tom Domen. Method cherchait à s'implanter en Europe, tandis qu'Ecover rêvait de prendre pied sur le sol américain. Le chiffre d'affaires mondial d'Ecover-Method s'élève à plus de 200 millions d'euros. Le siège européen du groupe fusionné se situe à Londres. Basée à San Francisco aux Etats-Unis, Method possède également une usine à Chicago. En Belgique, Ecover emploie 110 personnes, dont 44 sur le site de production à Malle. L'usine belge produit environ 90 pour cent de tous les produits Ecover. Au cours des cinq prochaines années, Ecover investira 10 à 15 millions d'euros dans l'usine de Malle pour fabriquer ses propres bouteilles.