LIRE AUSSI: D'Ieteren: Quatre descendants et un milliard d'euros à investir
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LIRE AUSSI: D'Ieteren: Quatre descendants et un milliard d'euros à investirLe groupe D'Ieteren coté en bourse est surtout connu pour être l'importateur des marques du Groupe Volkswagen en Belgique et le propriétaire de Carglass qui répare et remplace les vitres de voitures. Belron est le holding qui chapeaute Carglass.Belron a vu son chiffre d'affaires croître de 8% (dont 5% de croissance organique) pour atteindre 2,1 milliards d'euros. Les bénéfices de l'entreprise ont même augmenté de 56% à 228 millions d'euros. Le nombre de clients a toutefois baissé de 2% à 9,2 millions. Le marché a fortement progressé en Amérique du Nord. En revanche, l'Europe n'a connu aucune croissance. Le marché s'est même contracté en Allemagne, en France et en Angleterre. "Mais nous avons gagné des parts de marché à peu près partout", déclare le CFO Arnaud Laviolette. "De plus, nous avons bénéficié d'un meilleur mix, avec des vitres et des véhicules plus imposants. Le chiffre d'affaires par voiture a donc augmenté. Et nous avons aussi noté une forte croissance au niveau des vitres avec capteurs qui génèrent un chiffre d'affaires et des bénéfices élevés."Belron se porte très bien et génère en outre beaucoup de cash. Bien que Belron ait contracté davantage de dettes sur le plan comptable ces dernières années, le taux d'endettement est en baisse. "Et il baisse rapidement, malgré l'augmentation de la dette en chiffres absolus", explique Arnaud Laviolette. Le CFO laisse entendre que le taux d'endettement de Belron pourrait éventuellement remonter. "Le business se porte bien, nous pouvons donc éventuellement verser des dividendes supplémentaires aux actionnaires."Pour Belron, le groupe D'Ieteren présente des "perspectives très optimistes". La semaine dernière, l'entreprise a encore acheté TruRoad aux États-Unis. La reprise a été payée avec le cash généré par Belron. La société, qui réalise un chiffre d'affaires de 116 millions de dollars, est surtout active dans des régions où Belron est moins active.Contraction du marché automobile belgeLes ventes automobiles belges ont baissé de plus de 7% au cours du premier semestre. D'Ieteren, l'importateur des marques du Groupe Volkswagen, a connu une baisse de volume de 2,3% à 71.517 véhicules et s'en sort donc mieux que le marché. Il est vrai que le chiffre d'affaires a reculé de 3% à 2 milliards d'euros, notamment suite à la baisse des ventes de Porsche en raison d'un problème au niveau des livraisons. Le CEO Francis Deprez nuance. Le premier semestre de 2018 a connu des ventes record. "Mais il s'agit d'un marché à deux visages. Nous avons noté une baisse de 13% du côté des consommateurs privés alors que le marché des entreprises a encore progressé légèrement. Une grande incertitude règne parmi les particuliers. Il y a de nombreux points d'interrogation par rapport aux régimes fiscaux car nous attendons la formation du gouvernement. De plus, les choses ne sont toujours pas très claires concernant les normes d'émission. L'année 2019 sera probablement comparable à 2016. Nous prévoyons la vente d'environ 520.000 véhicules."Les ventes d'Audi sont restées stables. "Nous pourrions vendre davantage d'Audi, mais les usines ne nous fournissent pas les modèles demandés", déclare le CFO Arnaud Laviolette. D'Ieteren Auto a réalisé un chiffre d'affaires de 1,94 milliard d'euros pour un bénéfice de 81 millions d'euros (- 8,1%). Le second semestre devrait être meilleur, y compris pour l'ensemble du marché automobile. "Nous prévoyons pour 2019 un recul de 5% pour tout le marché."Les ventes de voitures à propulsion alternative (électrique, hybride) restent limitées, en raison d'un problème d'échelle. Le groupe D'Ieteren souligne toutefois que le groupe Volkswagen possède un nombre "impressionnant" de modèles électriques.La filialisation de D'Ieteren Auto a été annoncée en juin. Le CEO Francis Deprez estime qu'il s'agit d'une démarche logique. "Légalement, un holding est pleinement impliqué dans ces questions opérationnelles et nous devons parfois apposer notre signature sur des documents très concrets. D'Ieteren Auto est un ensemble regroupant des activités très diverses : importation de voitures, carrosseries, bornes de recharge. Une filialisation peut aussi mener à une plus grande professionnalisation de D'Ieteren Auto."D'Ieteren suit la division automobile par le biais d'un reporting mensuel. "En outre, le bilan du holding repose essentiellement sur le bilan de D'Ieteren Auto, plus un milliard d'euros en cash. Est-ce bien utile ?", ajoute le CFO Arnaud Laviolette.Nouvel investissementPour ce milliard d'euros, l'entreprise cherche depuis longtemps déjà un nouvel investissement. "Nous examinons les opportunités, mais les reprises sont aujourd'hui très chères", estime Arnaud Laviolette."Nous regardons du côté des grands groupes du secteur", poursuit le CEO Francis Deprez. "La mobilité, le transport, c'est évident compte tenu de l'histoire de notre entreprise. Nous sommes actifs dans ces activités depuis des années. Mais le service professionnel représente aussi une question prioritaire. Belron en est un exemple avec la réparation et le remplacement de vitres de voitures. Les entreprises industrielles constitueront éventuellement une nouvelle branche d'investissement. On réfléchit aujourd'hui d'une manière totalement différente à la production et au recyclage, à la façon dont les produits arrivent chez le client. Ce domaine nous est moins familier. Nous voulons donc étendre notre portefeuille. Nous avons clairement défini les critères d'investissement. Nous sommes dans une course longue distance, qui nécessite un bon échauffement et une bonne condition physique."C'est pourquoi le groupe D'Ieteren lance actuellement un programme de rachat d'actions propres d'un montant maximal de 150 millions d'euros. "Notre trésorerie est très bonne", affirme le CFO Arnaud Laviolette. "Ces 150 millions proviennent des flux de trésorerie disponibles que nous générons. Le programme de rachat ne va pas vraiment surprendre le marché. Des questions avaient déjà été posées à ce sujet au cours de l'assemblée générale au mois de juin. Les actions rachetées seront annulées. Nous estimons que c'est une manière efficace d'investir dans notre entreprise.""Chaleureuse et profondément humaine"Francis Deprez a reçu le baptême du feu en tant que CEO du groupe. Âgé de 54 ans et originaire de Flandre occidentale, il travaille dans l'entreprise depuis 2016 et était jusqu'à présent surtout responsable des grosses reprises éventuelles. Armé d'un MBA de Harvard, Francis Deprez a travaillé quinze ans chez McKinsey. Début juillet, il est devenu CEO du groupe D'Ieteren. "Une entreprise chaleureuse et profondément humaine, avec une famille qui est à la manoeuvre depuis 7 générations déjà. Je dirige l'entreprise avec mon copilote Arnaud Laviolette. Nous sommes en quelque sorte des partners in crime. Notre ambition ? Déployer au maximum le potentiel de ce groupe. Je veux un D'Ieteren plus fort qui vise l'excellence. Y compris par le développement des activités existantes."Traduction : virginie·dupont·sprl