Lundi, au lendemain du crash du vol Ethiopian Airlines faisant 157 morts, la compagnie aérienne Boeing a déclaré travailler depuis plusieurs mois sur une amélioration de son logiciel de contrôle de vol installé dans ce type d'appareil. Cette décision avait été prise suite à un autre crash récent d'un de ses 737 Max 8, celui de la compagnie Lion Air en octobre dernier, faisant 189 morts.
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Lundi, au lendemain du crash du vol Ethiopian Airlines faisant 157 morts, la compagnie aérienne Boeing a déclaré travailler depuis plusieurs mois sur une amélioration de son logiciel de contrôle de vol installé dans ce type d'appareil. Cette décision avait été prise suite à un autre crash récent d'un de ses 737 Max 8, celui de la compagnie Lion Air en octobre dernier, faisant 189 morts. La responsabilité de Boeing n'est pas mise en cause à ce jour dans l'accident du vol 610 de Lion Air. Cependant, les enquêteurs indonésiens ont pointé dès novembre 2018 une éventuelle défaillance des sondes d'incidence, aussi appelés AOA pour "Angle of attack". Celles-ci auraient transmis des données erronées au logiciel MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System) et provoqué une activation accidentelle du système anti-décrochage. Un défaut qui peut rendre l'appareil difficile à contrôler, voire le faire piquer du nez. À la fin 2018, Boeing avait tenu à rappeler l'existence d'une procédure pour éviter une telle activation accidentelle, explique L'Usine Nouvelle sur son site, mais des pilotes américains ont reproché au constructeur un manque d'information sur le fonctionnement de ce système de prévention de décrochage automatique. Ces critiques ont poussé l'entreprise à réaliser une mise à jour du logiciel MCAS pour éviter ce genre de soucis. Un travail de mise à jour nécessaire qui devait selon les estimations de Boeing rapportées par l'agence Reuters durer de 6 à 8 semaines, mais qui aurait été compliqué par le shutdown, l'arrêt des activités gouvernementales en janvier lorsque le Congrès et le président ne sont pas parvenus à trouver d'accord sur le budget, rapporte mardi le Wall Street Journal.A l'origine, la nouvelle version du logiciel MCAS devait être prête dès le début du mois de janvier. Cependant, à cause du shutdown qui a duré 35 jours (il a pris fin le 25 janvier dernier), elle a été retardée de 5 semaines supplémentaires.La Federal Aviation Administration (FAA) dont l'activité essentielle est le contrôle du trafic aérien est en effet fortement touchée lors d'un shutdown. D'autres fonctions de l'agence, non moins importantes pour la sécurité, tournent aussi au ralenti. Les inspecteurs de sécurité pour les infrastructures du contrôle du trafic aérien sont en nombre restreint et la surveillance des activités de production aéronautique est interrompue ou réduite, explique L'Usine Nouvelle. Au cours du shutdown, de nombreuses organisations du secteur ont pressé le président de mettre un terme au blocage. Parmi elles, l'Aerospace Industries Association, et l'Air Line Pilots Association qui représente 61 000 pilotes. En février, le Wall Street Journal évoquait aussi les négociations difficiles entre la FAA et le constructeur aéronautique américain pour expliquer ce retard de mise à jour. "La Federal Aviation Administration (FAA) a approuvé le retard parce que Boeing et d'autres experts ne voyaient aucune menace immédiate pour la sécurité ", a toutefois déclaré une source au Wall Street Journal. Daniel Elwell, administrateur par intérim de la FAA, a déclaré de son côté mercredi à Washington D.C. aux journalistes que le shutdown n'avait eu aucun impact sur la mise à jour du logiciel.Aujourd'hui, cette mise à jour n'a toujours pas été installée dans les appareils 737 MAX de Boeing. Le constructeur a précisé ce 11 mars qu'elle serait effective d'ici quelques semaine, pour le mois d'avril, mais d'autres experts du secteur parlent du mois de juin."La FAA indique qu'elle prévoit de rendre obligatoire cette amélioration logicielle au moyen d'une consigne de navigabilité (CN) au plus tard en avril ", a déclaré Boeing. "Nous avons travaillé avec la FAA au développement de cette amélioration logicielle."