Le projet d'accord "est seulement une version préliminaire et il y a beaucoup d'étapes à franchir et en l'absence de garantie, je dois moi garantir le fait que nous puissions poursuivre notre activité après le 29 mars de l'année prochaine", date du Brexit, a déclaré Warren East, interrogé sur la BBC.

Rolls-Royce, comme d'autres entreprises industrielles dépendantes des échanges avec le continent, a mis en place des plans de secours pour être capable de faire face au retour des contrôles douaniers, ce qui passe notamment par la constitution de stocks de pièces détachées. Le groupe, qui fabrique des moteurs pour l'aviation et la marine, emploie plus de 22.000 personnes au Royaume-Uni, ce qui en fait un des plus grands groupes manufacturiers du pays.

Cette déclaration du directeur général illustre les doutes persistants au sein des milieux économiques, malgré le projet d'accord validé par le gouvernement britannique mercredi soir, qui prévoit un maintien dans une union douanière et une période de transition. Mais cet accord suscitait une fronde au sein du camp conservateur, illustrée par de nombreuses démissions dans le gouvernement, fragilisant d'autant la position de la Première ministre Theresa May.

Le constructeur automobile allemand BMW a de son côté salué ce plan comme allant dans la bonne direction, mais comme Rolls-Royce, continue de se préparer au "pire scénario", que constitue un Brexit sans accord. Warren East, comme la grande majorité des milieux d'affaires, soutient également le projet de la dirigeante britannique.

"Le temps file et en tant que chef d'entreprise je voudrais voir les dirigeants politiques des deux bords s'entendre et négocier un accord concret qui satisfasse les entreprises", explique-t-il à la BBC.