Faut-il rappeler des travailleurs (pré)pensionnés pour assurer la continuité du service ? Assouplir les exigences linguistiques ? Raccourcir le délai - actuellement un an - avant lequel une candidature rejetée peut être réintroduite ? Offrir gratuitement des cours de conduite, voire une prime de l'ordre de 1.000 euros à l'embauche ?

Confrontée à un manque permanent de conducteurs, la société flamande De Lijn explore toutes les pistes. Faute de personnel suffisant, elle a dû supprimer près de 40.000 trajets en 2018, soit deux fois plus qu'en 2017. Avec, en plus, les grèves et autres arrêts de travail, le total grimpe à 200.000, ce qui fait, si l'on compte en moyenne 10 clients potentiels par trajet, deux millions de personnes insatisfaites du service fourni par la société de transports publics flamande.

Conducteur de bus semble aujourd'hui devenu un métier en pénurie. Toutes campagnes de recrutement confondues, il reste toujours 120 places ouvertes sur les 570 à pourvoir. Certes, en région anversoise ainsi que dans le Brabant flamand, la concurrence est rude. Les entreprises liées au port d'une part ou à l'aéroport d'autre part, se montrent nettement plus généreuses. Mais cette concurrence, indéniable, n'explique pas tout. A Bruxelles, par exemple, la Stib parvient à remplir sans problème ses cadres. " Choisir entre une Stib certifiée pour la quatrième fois Top Employer et De Lijn, où la misère est permanente, la question ne se pose même pas ", commente, désabusé, un administrateur. Les salaires doivent augmenter, c'est indubitable, renchérit un syndicaliste. Mais ce n'est pas tout. " Il faut aussi revoir les conditions de travail, à commencer par les horaires, la charge de travail, ainsi que l'hyper flexibilité actuellement exigée de chaque travailleur ", ajoute-t-il.