Le groupe australien Macquarie vient de céder, pour environ 2 milliards d'euros, les 36 % qui lui restaient dans Brussels Airport à un consortium d'investisseurs formé du fonds de pension néerlandais APG, de l'australien QIG et de l'assureur Swiss Life. Aucun acteur belge, contrairement à ce que vous préconisiez voici plusieurs mois dans le journal "La Libre"...
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Le groupe australien Macquarie vient de céder, pour environ 2 milliards d'euros, les 36 % qui lui restaient dans Brussels Airport à un consortium d'investisseurs formé du fonds de pension néerlandais APG, de l'australien QIG et de l'assureur Swiss Life. Aucun acteur belge, contrairement à ce que vous préconisiez voici plusieurs mois dans le journal "La Libre"...Cela ne me surprend pas dans la mesure où le deal est tout à fait logique du point de vue des nouveaux actionnaires. Il s'agit d'un investissement dans une classe d'actifs peu risquée qui présente en plus des perspectives de croissance. Par contre, c'est une occasion manquée pour la Belgique. Il est dommage de voir un aéroport national détenu par des mains privées et étrangères alors que les désagréments sont pour le public au sens large. Ce dernier devrait davantage pouvoir bénéficier des fruits de l'aéroport. Si je me suis plaint de la prise de participation des Chinois dans Eandis, c'est pour la même raison : c'est parce que ce genre d'infrastructures appartient d'abord à la population. Visiblement, AG Insurance et PMV, le bras financier de la Région flamande, faisaient partie des candidats acquéreurs. Mais ils n'ont finalement pas été retenus par Macquarie. Le ticket est-il trop gros pour des investisseurs institutionnels belges, notamment pour des raisons de concentration de risques ?Certes, des assureurs comme AG sont à la recherche d'une diversification optimale, mais le montant ne me paraît pas en soi excessif, vu les sommes qui circulent dans le monde des investisseurs institutionnels ( banques, compagnies d'assurances, etc., Ndlr). Pas plus d'ailleurs que l'investissement ne me semble risqué. A nouveau, un aéroport, c'est en fait une infrastructure, une rente, qui offre un rendement stable avec des perspectives de croissance, tant en termes de passagers que sur le plan des revenus. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la valorisation de Brussels Airport, de l'ordre de 6 milliards d'euros, est importante. Mais l'offre du consortium AG Insurance-PMV, mal perçue par le fédéral, a apparemment été refoulée. Je ne vois pourtant pas pourquoi avoir la Région flamande comme actionnaire pourrait constituer un élément négatif. Comment voyez-vous l'avenir de l'aéroport dans la mesure où le seul ancrage belge se résume désormais à la participation de 25 % de l'Etat fédéral ?Bruxelles risque de perdre des parts de marché et de devenir un aéroport provincial. Le trafic va être absorbé non seulement par des aéroports voisins tels que Schiphol ou Paris mais aussi par Cologne, Luxembourg ou encore Eindhoven. Or, un pays qui ne dispose pas d'un grand aéroport national est voué à jouer un rôle secondaire. Je suis persuadé que, dans les 30 ou 40 prochaines années, les grands aéroports seront des noyaux essentiels pour le commerce international, les sièges de sociétés, etc.