Antiseptique et désinfectant, l'isopropanol est couramment utilisé par les industries pharmaceutiques et cosmétiques. L'industrie pétrolière l'emploie également pour augmenter l'indice d'octane ; l'électronique, pour le nettoyage des circuits intégrés ; la ménagère, pour rendre impeccables les vitres qu'elle nettoie. L'alcool isopropylique est toutefois...

Antiseptique et désinfectant, l'isopropanol est couramment utilisé par les industries pharmaceutiques et cosmétiques. L'industrie pétrolière l'emploie également pour augmenter l'indice d'octane ; l'électronique, pour le nettoyage des circuits intégrés ; la ménagère, pour rendre impeccables les vitres qu'elle nettoie. L'alcool isopropylique est toutefois susceptible d'applications moins pacifiques et peut, par exemple, intervenir dans la synthèse du gaz sarin. Il ne figure pas en tant que tel sur les listes de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), mais son exportation n'en est pas moins soumise depuis 2013 à l'obtention d'une licence dès que son taux de pureté atteint 95%. Pour avoir ignoré cette obligation et exporté, entre 2014 et 2016, à plus de 20 reprises, divers produits chimiques parmi lesquels 168 tonnes d'isopropanol vers la Syrie, trois entreprises anversoises ont eu indirectement les honneurs de la presse internationale. Depuis 2014, l'OIAC a en effet recensé au moins 70 attaques au gaz en Syrie ( photo) qui ont fait de nombreuses victimes. Et à chaque fois, le régime en place a été montré du doigt. Aujourd'hui en faillite, ces trois entreprises viennent d'être lourdement condamnées par le tribunal correctionnel d'Anvers, tout comme leurs deux administrateurs. Les responsables des sociétés concernées soutenaient pourtant avoir obtenu le feu vert des douanes. Mais même si ces dernières ont éventuellement failli dans leur mission de contrôle, ce n'était pas une raison pour abuser de la situation, a observé le tribunal. Outre de lourdes amendes - 346.000 euros pour Rudolf R. et 500.000 euros pour Herman V.L. - le tribunal a condamné le premier à quatre mois de prison avec sursis et le second à 12 mois effectifs.