C'est une fin en eau de boudin pour ce subside imaginé par le gouvernement précédent afin de soutenir la compétitivité de Brussels Airlines. Cette dernière avait obtenu une mesure compensatoire pour l'aider à faire face à la concurrence de compagnies à bas coûts. La mesure visait surtout Ryanair, dont le personnel, basé en Irlande, est nettement moins coûteux que celui de la compagnie belge.
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C'est une fin en eau de boudin pour ce subside imaginé par le gouvernement précédent afin de soutenir la compétitivité de Brussels Airlines. Cette dernière avait obtenu une mesure compensatoire pour l'aider à faire face à la concurrence de compagnies à bas coûts. La mesure visait surtout Ryanair, dont le personnel, basé en Irlande, est nettement moins coûteux que celui de la compagnie belge. Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, a signé un arrêté royal demandant le remboursement de cette aide d'ici le 31 mars (avec intérêts). " Nous nous attendions à devoir payer la somme dont nous avons bénéficié, environ 16 millions d'euros, indique Wencke Lemmes, porte-parole de Brussels Airlines. L'opération devrait impacter les comptes en 2017 mais cela ne nous pose pas de problème financier : nous avons suffisamment de liquidités. " Fin 2016, la compagnie belge disposait de 202 millions d'euros de cash. Il s'agit d'un fiasco pour Melchior Wathelet (cdH), ministre de la Mobilité dans le précédent gouvernement Di Rupo, qui avait tenté d'aider la compagnie belge sans attirer les foudres de la Commission européenne. Il avait choisi, pour Zaventem, la voie de la prise en charge des frais de sécurité aéroportuaire, une méthode autorisée par l'Europe : la Région wallonne, par exemple, prend ainsi à sa charge les frais de sécurité des compagnies aériennes à l'aéroport de Charleroi. Mais la mesure imaginée par Melchior Wathelet n'avait de sens que si elle concernait surtout Brussels Airlines. Le ministre pensait y parvenir avec un critère " objectif " : le nombre de passagers transportés. L'aide n'était ainsi attribuée qu'aux compagnies qui avaient transporté plus de 400.000 passagers en 2012. L'intervention devait courir sur trois ans (2013, 2014, 2015). Trois compagnies seulement répondant à ce critère, Brussels Airlines avait ainsi reçu l'essentiel de l'aide, à côté de Jetair Fly et Thomas Cook. La compagnie Ryanair, qui a débarqué à Zaventem en 2014, a aussitôt contesté auprès de la Commission européenne ce subside auquel elle n'avait pas droit. La Commission a ouvert une enquête, toujours en cours, et la Belgique a été prévenue qu'elle risquait une condamnation. Le gouvernement actuel a donc conclu un accord - discret - avec la Commission pour démonter l'aide. Le subside n'a été versé que pour la seule année 2013 (19 millions d'euros, dont 16,78 millions rien que pour Brussels Airlines) mais il doit maintenant être remboursé. " Nous savions que le subside était contesté et nous n'avons donc pas dépensé la somme, précise Wencke Lemmes. Mais nous avons bon espoir que le gouvernement prendra une initiative pour remédier aux inégalités des charges. " Le gouvernement a en effet planché sur le sujet mais il reste silencieux. La compagnie belge, qui appartient depuis janvier à 100 % à Lufthansa, est en meilleure santé qu'en 2013, lorsqu'elle perdait 27 millions d'euros. Elle a dégagé un bénéfice consolidé de 11,3 millions d'euros en 2016, malgré les attentats. Ryanair a aussi modifié sa politique, en payant chez nous la sécurité sociale des nouveaux engagés des bases belges. Mais les contrats d'emploi restent, eux, irlandais.