Pourtant, les chiffres du groupe postal sont loin d'être mauvais : le chiffre d'affaires, à données comparables (l'entreprise a en effet acquis mi-novembre le groupe américain Radial), totalise un peu plus de 3 milliards d'euros, en hausse de 25 % par rapport à l'année précédente. Une performance réalisée grâce à l'activité colis et malgré la baisse de près de 6 % de l'envoi de courrier. Le bénéfice net, à 329,3 millions, est en hausse de 1,6 % par raport à 2016.

Alors, pourquoi l'action a-t-elle plongé de plus de 20 % ces derniers jours ? Pour une raison essentielle : l'acquisition de Radial, le spécialiste logistique de l'e-commerce aux Etats-Unis, pour 700 millions, réalisée l'an dernier à la mi-novembre, ne semble pas délivrer les chiffres que l'on attendait. Radial ne devrait afficher cette année que des " revenus stables " et ses marges devraient être pressurées par la hausse des dépenses opérationnelles... Du coup, le groupe n'a pas beaucoup de croissance à se mettre sous la dent : bpost annonce pour cette année que sa marge opérationnelle devrait être comprise entre 560 et 600 millions, alors qu'elle était de 592 millions en 2017.

Interrogé à la Chambre sur cette déconvenue, le ministre de tutelle Alexander De Croo explique que " le cours boursier de bpost a baissé (...) du fait que les attentes pour 2018 étaient supérieures aux données annoncées ". Il rappelle néanmoins que " bpost s'est réorienté vers les colis et l'e-commerce qui connaît une croissance de 28 %. " " La reprise de Radial leur apporte le savoir-faire et l'échelle nécessaires dans ce domaine. Je garde confiance dans les choix stratégiques ", ajoute-t-il. D'ailleurs, bpost table cette année sur un dividende " au moins au même niveau que 2017 ", soit 1,31 euro par action.

329 millions

C'est le bénéfice engrangé par le groupe en 2017, en petite hausse (1,6%) par rapport à 2016.