Alibaba, coté à New York, a annoncé jeudi avoir engrangé un chiffre d'affaires de 80,9 milliards de yuans (12,2 milliards de dollars) sur la période avril-juin, soit peu ou prou ce qu'escomptaient les analystes interrogés par l'agence Bloomberg. Certes, le groupe a vu le bénéfice net attribuable à ses actionnaires plonger de 41%, à 1,3 milliard de dollars, mais ce repli s'explique selon lui par les rémunérations exceptionnelles versées aux employés de son bras financier Ant Financial, en raison de la valorisation renchérie de cette filiale.

En revanche, le numéro un chinois de la vente en ligne profite toujours à plein de l'essor insolent des transactions mobiles: ses plateformes comptaient fin juin 634 millions d'utilisateurs mensuels actifs se connectant via smartphone, une hausse de 20% sur un an. Après avoir investi massivement dans l'intelligence artificielle, le groupe fondé par l'emblématique multi-milliardaire Jack Ma vante sa capacité à attirer les recettes publicitaires en ciblant de plus en plus précisément les consommateurs pertinents.

Résultat: dans son activité centrale de vendeur en ligne, qui représente toujours l'écrasante majorité de ses revenus (86%), Alibaba a vu ses recettes grimper de quelque 60%, à 10,5 milliards de dollars. Le groupe compte sur son avance technologique pour maintenir son rang face à des rivaux chinois en plein essor rognant ses parts de marché, de JD.com à Pingduoduo, une plateforme d'articles vendus à petit prix et en lots qui vient de s'introduire à Wall Street.

Stratégie de diversification

Signe que sa stratégie de diversification porte des fruits, le chiffre d'affaires d'Alibaba engrangé par ses autres secteurs d'activité s'envolent aussi de concert: ils ont quasiment doublé pour l'informatique en nuage ou "cloud", et grimpé de 46% pour les divertissements et médias numériques, sa plateforme vidéo Youku ayant profité de la diffusion des matchs de Coupe du monde.

Dans la vente en ligne, Alibaba domine avec ses plateformes Taobao et Tmall environ 60% du marché chinois du commerce de détail sur internet, selon le cabinet eMarketer. Mais l'entreprise développe désormais d'étroites interactions avec le commerce traditionnel en dur, notamment via des supermarchés hyper-connectés sous sa marque Hema -fin juin, on en comptait 45 à travers la Chine-, tout en investissant dans des chaînes de distribution.

De même, Alibaba a assuré jeudi que son service de livraison de repas à domicile, Ele.me, était parvenu à lever "plus de 3 milliards de dollars de promesses d'investissements" auprès d'un consortium comprenant notamment le géant japonais Softbank.