Le constructeur, qui a vu ses marges augmenter légèrement au 3T, a confirmé ses objectifs annuels 2019 d'un bénéfice avant impôts "nettement inférieur" à l'année précédente, alors que cette donnée est déjà en baisse de 35% sur les neufs premiers mois de l'année.

"Les mesures d'amélioration de l'efficacité portent des fruits", se félicite Nicolas Peter, directeur financier, cité dans un communiqué. "Nous avons une bonne performance si l'on considère les conditions difficiles auxquelles notre secteur est confronté."

Au troisième trimestre 2018, "la performance avait été nettement freinée" par l'entrée en vigueur des nouvelles normes anti-pollution WLTP et une hausse des dépenses pour des rappels de véhicules.

Le bénéfice net affiché est conforme aux attentes du panel d'analystes sondé par Factset, et fait mieux qu'attendu côté chiffre d'affaires, à 26,7 milliards d'euros, et bénéfice opérationnel (EBIT) à 2,3 milliards d'euros.

La marge opérationnelle, très observée par les marchés, a augmenté de 1 point de pourcentage et celle de sa division automobile de 2,2 points sur un an.

Sur neuf mois, l'exercice reste plombé par 1,4 milliard d'euros de provisions passées dans le cadre d'une enquête anticartel européenne. La Commission européenne a en effet accusé début avril BMW, Volkswagen et Daimler de s'être entendus pour éviter de se faire concurrence sur les technologies réduisant les émissions polluantes.

Pour réussir le coûteux virage électrique, le constructeur a lancé un programme visant 12 milliards d'euros d'économies dès fin 2022, reposant notamment sur une réduction de la complexité de son offre.

Ainsi, dès 2021, BMW arrêtera de commercialiser jusqu'à 50% des versions de moteurs traditionnels en faveur de plus de versions électriques. "L'investissement dans les technologies du futur doit être financé", note M. Peter.

BMW proposera 25 modèles électrifiés d'ici 2023 et s'attend à une croissance moyenne annuelle des ventes électriques de 30% d'ici 2025 dans la course pour réduire le niveau d'émissions de CO2 des voitures vendues, faute de quoi le groupe serait sous la menace de lourdes sanctions européennes.