Lancer la prochaine million dollar company fait rêver de plus en plus de jeunes qui nourrissent une fibre entrepreneuriale. Nombreux sont ceux qui tentent de mettre sur les rails une start-up à succès pour donner vie à leurs idées disruptives ou... pour toucher le pactole au moment d'une éventuelle revente. D'autres vont carrément plus loin et se rêvent en serial entrepreneur des start-up en lançant un start-up studio.
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Lancer la prochaine million dollar company fait rêver de plus en plus de jeunes qui nourrissent une fibre entrepreneuriale. Nombreux sont ceux qui tentent de mettre sur les rails une start-up à succès pour donner vie à leurs idées disruptives ou... pour toucher le pactole au moment d'une éventuelle revente. D'autres vont carrément plus loin et se rêvent en serial entrepreneur des start-up en lançant un start-up studio. Le concept d'un tel " studio " consiste à monter une structure qui, elle-même, lancera une série de jeunes pousses technologiques. L'un des plus connus en Europe n'est autre que le géant Rocket Internet qui, avant de devenir l'un des mastodontes de la techno européenne coté en Bourse (mais aujourd'hui à la peine), s'était fait une spécialité de lancer sur les marchés européens et asiatiques des concepts à succès initiés aux Etats-Unis. En Belgique, l'un des pionniers du secteur s'appelle eFounders. Mais d'autres souhaitent suivre sa trace. C'est le cas du studio ixellois Barefoot fondé par Augustin van Rijckevorsel et qui vient de lever 1,2 million d'euros pour soutenir la création de ses jeunes entreprises. Dans cette petite maison de la rue Emile de Beco, une trentaine de jeunes s'activent derrière leur écran d'ordinateur. Ils déploient les cinq premières start-up que Barefoot a montées dans des domaines aussi variés que l'automobile, la rencontre entre employés, l'édition, le covoiturage, etc. " La particularité de Barefoot, avance Augustin van Rijckevorsel, le fondateur de Barefoot, réside dans son approche du marché. Avant de lancer le moindre projet, nous nous assurons avant tout de pointer un problème auquel nous pouvons apporter une solution. Il peut s'agir d'un problème business ou de société. " Et cela essentiellement dans le B to B, voire le B to B to C. Ainsi, lorsque Barefoot lance Freeedrive, le start-up studio entend ni plus ni moins qu'endiguer le fléau du smartphone au volant, grâce à une application qu'il commence à vendre aux gestionnaires de flottes ou aux assurances qui la déploieront auprès de leurs utilisateurs ou clients. Toucher le consommateur n'intéresse pas directement Barefoot qui préfère trouver des acteurs professionnels. Cela permet aux start-up de générer assez rapidement ses premières ventes. Barefoot s'attend à ce que le cash commence à rentrer, pour chacune de ses jeunes pousses, " dans les six premiers mois de leur existence " et à obtenir rapidement le niveau de rentabilité. " L'avantage, outre la récurrence des revenus, c'est que cela nous permettra de rendre l'accès au capital moins périlleux car on peut prétendre à de la dette et diminuer la dilution des parts ", souligne Augustin van Rijckevorsel. Autre particularité de Barefoot : lorsqu'une bonne idée a germé, elle ne sera développée qu'après avoir obtenu un premier contrat ou, à tout le moins, une intention ferme d'achat. " Nous nous présentons avec un produit en carton, détaille Augustin van Rijckevorsel. Il s'agit d'une application factice qui montre ce que l'on peut faire mais qui n'a pas vraiment été développée. Cela permet à nos interlocuteurs de voir de quoi il s'agit. Lorsqu'ils signent ou qu'ils s'engagent à l'utiliser, on crée la société et on commence à développer l'application. " Barefoot nomme alors un jeune managing partner qui conserve un statut d'indépendant mais prend des parts dans la start-up qu'il est amené à diriger : 2 % seulement au début mais qui augmentent au fur et à mesure qu'il parvient à des résultats. " Cela peut monter à 20 % d'equity ", affirme le fondateur de Barefoot. Le managing partner de chaque jeune pousse made in Barefoot peut, selon Augustin van Rijckevorsel, se concentrer sur le produit et sur sa vente car le studio se charge, grâce à une équipe de huit personnes, de tous les aspects pratiques et administratifs liés au développement des start-up : comptabilité, finances, fiches de paie, questions légales, etc. Pour l'instant, Barefoot a déjà fait naître cinq start-up (voir encadré). Les quatre premières ont été financées grâce à deux " levées de fonds " pour un total de 400.000 euros. En ayant conclu cette nouvelle levée de fonds de 1,2 million, Barefoot espère lancer pas moins de 10 start-up d'ici cinq ans. Si aujourd'hui, aucune des jeunes pousses du start-up studio bruxellois ne peut prétendre avoir atteint le succès ni même n'affiche de chiffre d'affaires (la première start-up qui fera rentrer de l'argent sera Freeedrive dans les semaines à venir), plusieurs d'entre elles semblent d'ores et déjà avoir séduit de grands noms, grâce au réseau du fondateur du studio. Ainsi, Freeedrive compte parmi ses administrateurs des seniors du monde de l'automobile ou encore une représentante de l'IBSR qui est d'ailleurs entré au capital de la jeune pousse. La start-up Woobe, elle, compte de grands noms des ressources humaines dans son board tandis que Blügle, spécialisée dans les médias sociaux, aurait notamment séduit Hugues Rey, le boss d'Havas en Belgique. Et le start-up studio lui-même compte quelques personnalités de renom autour de lui. Ainsi, son CEO (qui cède la main à Augustin van Rijckevorsel dans quelques jours) est un ancien directeur du marketing corporate de bpost. Et parmi les investisseurs et administrateurs, on retrouve, outre une série de grandes familles belges, l'un des cofondateurs et responsables de Meetic (Christophe Salanon)... Autant d'ingrédients qui devraient, si tout se passe comme prévu, permettre à Barefoot d'implanter durablement quelques start-up dans le paysage " betech " et faire parler de lui dans les mois et années à venir.