Le confinement offre aussi des opportunités économiques. Constatant qu'en raison de la crise sanitaire, des patients n'avaient plus accès aux salles de rééducation et d'ergothérapie des institutions, Axinesis a accéléré le développement d'une version "portable" de ses dispositifs. Les patients pourront l'utiliser à domicile, sous la supervision à distance d'un professionnel de la santé. "Jusqu'à présent, nous avons travaillé en B2B, résume Julien Sapin, fondateur et directeur technique d'Axinesis. Nous avons la volonté d'a...

Le confinement offre aussi des opportunités économiques. Constatant qu'en raison de la crise sanitaire, des patients n'avaient plus accès aux salles de rééducation et d'ergothérapie des institutions, Axinesis a accéléré le développement d'une version "portable" de ses dispositifs. Les patients pourront l'utiliser à domicile, sous la supervision à distance d'un professionnel de la santé. "Jusqu'à présent, nous avons travaillé en B2B, résume Julien Sapin, fondateur et directeur technique d'Axinesis. Nous avons la volonté d'avancer vers le B2C. Nous faisons le maximum pour être prêts très rapidement avec cette version portable du REAtouch."Ce REATouch est une sorte de grande tablette, grâce à laquelle des personnes souffrant de déficiences motrices et/ou cognitives effectuent des mouvements destinés à rééduquer progressivement les bras et les mains. Cela va jusqu'à 1.000 mouvements par séance, soit 15 à 20 fois plus qu'une thérapie classique. "Nous veillons à ce que ces séances restent très ludiques, c'est indispensable pour obtenir un travail intensif et éviter le décrochage, précise Julien Sapin. Les enfants ne viennent pas à une séance, ils viennent, disent-ils, jouer. Ça les tient en haleine." Le fondateur d'Axinesis, ingénieur de formation, appelle cela un "ludiquament", contraction de ludique et médicament.L'histoire d'Axinesis a démarré en 2015. L'entreprise a d'abord commercialisé un dispositif médical robotisé, déjà pour la rééducation du bras, avant de mettre au point son REAtouch (qui vient d'obtenir la validation européenne, ce qui devrait faciliter l'exportation) et, bientôt, son REAtouch Lite. Ses produits sont essentiellement vendus à des institutions de santé en Belgique, en France, en Allemagne et en Suisse. L'entreprise ambitionne désormais d'explorer les marchés scandinaves et américains. "Nous avons une vision vers les Etats-Unis à relativement court terme", confie Julien Sapin. Une levée de fonds est en cours afin de financer ces développements. Les partenaires historiques (Vives, le fonds d'investissement de l'UCL, et Nivelinvest) y participeront mais au moins un nouvel actionnaire, peut-être international, devrait arriver à cette occasion.Axinesis réalise un modeste chiffre d'affaires de 400.000 euros et emploie six personnes. La petite entreprise génère aussi des emplois indirects puisque tous ses fournisseurs et sous-traitants sont belges. Les REAtouch sont bien entendu fabriquées à Wavre. "Je tiens beaucoup à ces grappes technologiques, conclut Julien Sapin. Nous sommes proches, nous communiquons beaucoup entre nous et cela nous aide à bien faire avancer nos produits."