"Les activités d'ingénierie sont liées à plus de 65% des émissions directes de gaz à effet de serre en Australie. À ce titre, les équipes d'ingénieurs ont la responsabilité de soutenir activement la transition de notre économie vers un avenir à faibles émissions. Cela commence par déclarer honnêtement et bruyamment l'urgence climatique", peut-on lire sur le site internet du mouvement baptisé "Engineers Declare".

Un millier d'ingénieurs australiens et 90 organisations - y compris de grandes entreprises et des figures respectées de l'industrie qui ont travaillé dans les énergies fossiles par le passé - ont signé cette déclaration. Ils s'engagent à "évaluer tous les nouveaux projets en fonction de la nécessité environnementale d'atténuer la dégradation du climat" et à encourager leurs clients à adopter cette approche. Le mouvement n'est pas sans ampleur. Certaines entreprises qui travaillent sur le projet de mine de charbon controversé d'Adani, au nord-est de l'île-continent, craignent ainsi de devoir faire face à la révolte de leurs collaborateurs, écrit The Guardian.

Elles pourraient aussi avoir des difficultés à recruter du personnel hautement qualifié. Deux sociétés ont jusqu'ici décidé de suspendre leur collaboration avec ce projet - Aurecon et Cardno. Elles ont résisté à la pression du lobby sectoriel et prennent en compte la sensibilité de leurs travailleurs dont elles ne peuvent se passer de l'expertise. "J'ai travaillé dans l'extraction d'énergies fossiles par le passé et je suis fier des projets auxquels j'ai collaboré, mais je ne réaliserais pas ces travaux aujourd'hui", déclare ainsi Robert Care, ingénieur reconnu par la profession, cité par The Guardian. La nouvelle génération d'ingénieurs est d'ailleurs consciente de son rôle, poursuit le quotidien. De plus en plus, les jeunes ingénieurs donnent la priorité aux employeurs qui prennent des décisions prudentes quant à leur impact environnemental.