Wall Street n'est pas contente. En 15 ans, la firme à la pomme ne l'avait jamais habituée à une baisse de son chiffre d'affaires. Depuis 2001, en effet, Apple avait enregistré de fortes croissances et affiché une augmentation continue de ses revenus. Mais, lors de son dernier exercice, la firme fondée par Steve Jobs marque le pas : son chiffre d'affaires a reculé de 8 % pour n'atteindre " que " 215,6 milliards de dollars. Et son bénéfice a lui aussi enregistré un (net) recul de 14 %. Bien sûr, Apple reste largement dans le vert puisqu'elle a engrangé, en 2016, pas ...

Wall Street n'est pas contente. En 15 ans, la firme à la pomme ne l'avait jamais habituée à une baisse de son chiffre d'affaires. Depuis 2001, en effet, Apple avait enregistré de fortes croissances et affiché une augmentation continue de ses revenus. Mais, lors de son dernier exercice, la firme fondée par Steve Jobs marque le pas : son chiffre d'affaires a reculé de 8 % pour n'atteindre " que " 215,6 milliards de dollars. Et son bénéfice a lui aussi enregistré un (net) recul de 14 %. Bien sûr, Apple reste largement dans le vert puisqu'elle a engrangé, en 2016, pas moins de 45,7 milliards de dollars. Mais ce recul pose question : la mécanique est-elle grippée ? Sans grande surprise, c'est avec les ventes d'iPhone que la firme de Cupertino peine le plus. Elles sont en baisse : 45,5 millions d'unités vendues lors du dernier exercice, contre 48 millions en 2016. Cela n'a rien de très surprenant : non seulement les marchés les plus développés sont arrivés à maturité, mais en plus Apple peine à séduire les marchés émergents, malgré des terminaux (un peu) moins chers. En Chine, Apple ne représenterait toujours que 8 % du marché. La concurrence y est d'ailleurs féroce avec les acteurs locaux comme Huawei, Xiaomi mais également la nouvelle star chinoise Oppo. La situation est d'autant plus ennuyeuse pour Apple que l'iPhone représente toujours plus de 60 % de ses revenus. Or rares sont les autres appareils qui enregistrent une réelle croissance : ses ordinateurs enregistrent une décroissance de 17 % par rapport à l'année précédente, l'iPad est en baisse depuis plusieurs années et la montre connectée n'atteint que des volumes confidentiels. Du coup, Apple pourrait bien s'engouffrer à fond dans les services. A savoir Apple Pay, iCloud, AppleCare ou Apple Music. Ces derniers constituent la seule activité en croissance chez Apple l'an passé et représentent déjà 6,3 milliards de dollars rien qu'au dernier trimestre (+24%). Au niveau annuel, le chiffre d'affaires des services atteint 24 milliards de dollars. Certes, cela ne correspond qu'à 11 % des activités d'Apple. Mais si la firme dirigée par Tim Cook s'engage dans cette voie, cela pourrait changer le paradigme cher à Apple. Jusqu'ici, les services constituaient d'excellents faire-valoir pour ses appareils hyper lucratifs. Mais à l'heure où les utilisateurs renouvellent moins souvent leurs appareils, la stratégie pourrait être de tirer un meilleur profit du parc existant grâce au service. Dans l'univers business, Apple a d'ailleurs multiplié les partenariats en ce sens. Après s'être alliée à IBM ou SAP, la marque à la pomme a noué un partenariat avec Deloitte dans la mise en place d'un cabinet de conseil destiné à " aider les entreprises à transformer leur façon de travailler à l'échelle de toute leur organisation "... et les pousser à passer dans l'écosystème Apple.