Dans un communiqué publié le jour de leur rencontre avec la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, gardienne de la concurrence dans l'UE, les patrons d'opérateurs historiques, tels l'allemand Deutsche Telekom et le français Orange (à qui l'on prête des rumeurs de rapprochement) ont lancé un appel à Bruxelles pour qu'il "s'attaque activement à la fragmentation du marché européen des télécoms".

Cette lettre signée par 21 dirigeants de groupes de télécoms est un signal lancé à la nouvelle Commission européenne, présidée par l'Allemande Ursula von der Leyen, qui est entrée officiellement en fonction dimanche.

Parmi les priorités affichées du nouvel exécutif européen: rattraper le retard de l'UE dans les nouvelles technologies et le numérique face aux mastodontes chinois et américains.

Outre Mme Vestager, qui chapeautera ce dossier, le Français Thierry Breton, qui a piloté la privatisation de France Télécom (ancêtre d'Orange), a été nommé à la Commission pour s'occuper entre autres de ce sujet.

Dans cette lettre signée également par les dirigeants du britannique BT, du néerlandais KPN, Telecom Italia, l'espagnole Telefonica, ainsi que le britannique Vodafone et l'américain Liberty Global, les patrons affirment vouloir travailler avec les institutions de l'UE pour "faire de l'ambition (d'un secteur européen des télécoms fort, ndlr) une réalité".

"Cela nécessite un environnement réglementaire stable et durable au niveau national, mais aussi des règles équitables et équilibrées pour concurrencer les acteurs mondiaux", écrivent-ils.

Pour "s'attaquer à la fragmentation du marché européen des télécommunications", il faut "encourager les investisseurs à développer davantage les infrastructures de télécommunications à l'échelle nationale et transfrontalière", ajoutent-ils.

Ils insistent notamment sur l'optimisation de "l'efficacité du partage des réseaux mobiles, condition essentielle pour que l'industrie numérique européenne puisse être compétitive sur un marché mondial en évolution rapide".

Dans les 28 pays de l'UE, près d'une centaine d'opérateurs se livrent bataille, alors qu'en Chine et aux USA, ils sont trois ou quatre à se partager le marché.