La douane anversoise a bloqué cette semaine une cargaison de bois en provenance du Gabon. Le bois était récolté et expédié par la compagnie chinoise suspecte Wan Chuan Timber Sarl (WCTS). Auparavant, l'agence américaine d'enquête environnementale (EIA) avait obtenu des images en caméra cachée dans cette entreprise. Celles-ci témoignaient d'abattage régulier en dehors de la zone autorisée et de non-respect du calibre des souches. Le négociant en bois belge Exott Timber a alors cessé de travailler avec les Chinois.

La cargaison de bois bloquée cette semaine était destinée à la Compagnie du Bois Anvers, qui a annoncé son intention de revoir sa collaboration avec cette société chinoise.

Selon Lisa Handy, directrice de l'EIA, Wan Chuan Timber Sarl a exporté une cargaison de bois en Europe tous les deux mois pendant quatre ans. "Anvers n'était pas la seule destination, mais le port était la plus importante. Chaque cargaison WCTS est illégale et s'inscrit dans le modèle économique problématique de cette société: corruption, pots-de-vin, fraude fiscale, surexploitation de forêts tropicales", assure-t-elle.

De son côté, l'ONG environnementale Greenpeace estime que "les négociants en bois belges qui font des affaires avec WCTS ne respectent pas la législation européenne sur le bois". "Cette loi impose aux importateurs d'être très prudents et de prendre toutes les mesures nécessaires pour minimiser le risque d'importer du bois récolté illégalement. Quiconque traite avec la société controversée WCTS viole ce principe de précaution. En effet, les pratiques douteuses de l'entreprise sont connues depuis des années", ajoute Greenpeace, qui appelle le gouvernement belge "à agir immédiatement" en bloquant la cargaison litigieuse et en menant une enquête approfondie sur la légalité du bois et l'identité des importateurs. L'ONG rappelle au passage que la Commission européenne a engagé en 2017 une procédure d'infraction contre la Belgique "pour son application très laxiste de la législation européenne sur le bois."