Contrairement à vos sept magasins actuels, vos deux nouveaux points de vente sont deux magasins bios indépendants qui préexistaient et rejoignent votre réseau. On peut dire qu'ils deviennent des franchisés Färm ?

C'est effectivement une forme de franchise, à ceci près que ces magasins sont également coopérateurs (co-actionnaires) de la structure mère et que leurs collaborateurs sont invités à participer à des groupes de travail transversaux. Les affiliés participent à l'assemblée générale, aux différents débats, à l'évolution de nos différentes chartes - dont la charte " produits " - qui traduisent nos valeurs en engagements concrets. Ces magasins, qui ont décidé de nous rejoindre pour développer et pérenniser leur activité, nous paient une commission pour pouvoir bénéficier de nos services de communication, d'achat, de référencement, IT, etc.

N'êtes-vous pas en train d'uniformiser le marché, un peu comme le fait la grande distribution avec la multiplication de ses magasins de proximité ?

Il n'y a même pas de parallèle à faire, dans le sens où nous ne créons pas de concurrence puisque nous intégrons des points de vente existants. Nous les faisons participer au projet global. En plus de cela, ces magasins restent indépendants. Nous ne rachetons aucun point de vente. Ces derniers ont le choix d'arborer ou non la bannière Färm, d'avoir leurs propres produits, etc. Cela n'a donc rien à voir avec des Carrefour ou Delhaize qui veulent déployer leurs enseignes de proximité partout, uniquement en créant de nouveaux magasins et sans objectif de rassemblement. Les mauvaises langues disent que nous voulons nous arroger tout le marché, c'est faux ! Nous souhaitons rassembler.

Si vous adoptez aujourd'hui cette stratégie, n'est-ce pas parce qu'il est de plus en plus compliqué de trouver de nouveaux emplacements ?

Pas du tout. Cela peut être difficile à croire, mais vous n'imaginez pas le nombre d'emplacements sur lesquels nous avons refusé de nous installer en raison de la présence aux alentours de magasins bios avec lesquels nous pensons pouvoir travailler à terme ( à noter que Färm n'hésite pas à s'implanter " en propre " à proximité de magasins bios existants lorsque ces derniers refusent de collaborer, comme ce sera le cas en septembre sur la place Jourdan, à Etterbeek, où Be Positive a refusé de rejoindre la coopérative, Ndlr). Si nous n'avions pas pris ces précautions de développement, nous compterions aujourd'hui un nombre beaucoup plus élevé de magasins. Mais notre but n'est pas de grandir à tout prix. Je rêve plutôt que la majorité des magasins bios parviennent à s'unir d'une manière ou d'une autre pour travailler ensemble et faire vivre ce bio dans lequel nous croyons, qui va au-delà des standards du label. Que cela se fasse sous la bannière Färm ou pas n'a pour moi aucune importance, très sincèrement.