L'arrivée dans l'aérien de cet Indien de 62 ans, ayant fait sa fortune en Bourse, en a étonné plus d'un, en regard des sombres perspectives économiques mondiales. "L'oracle de Dalal Street" - jeu de mot avec le surnom de Warren Buffett ("l'oracle d'Omaha") et l'adresse de la Bourse de Bombay- a investi 35 millions de dollars pour sa participation estimée à 40% dans Akasa, signifiant le ciel en sanskrit. "Beaucoup se demandent pourquoi j'ai créé une compagnie aérienne. En guise de réponse, je dis que je suis préparé à l'échec", déclarait le milliardaire lors d'un rassemblement d'industrie en février, "il vaut mieux échouer pour avoir essayé que n'avoir pas essayé du tout".

Les exemples d'échec ne manquent certes pas. L'homme d'affaires Vijay Mallya se bat contre son extradition de Grande-Bretagne pour fraude financière, depuis la faillite de la compagnie Kingfisher Airlines en 2012, qui a fait perdre aux banques indiennes plus d'un milliard de dollars. L'entrepreneur Subrata Roy, en disgrâce, comptait Air Sahara dans son empire depuis plus d'une décennie quand une succession de pertes l'ont forcé à la vendre à la compagnie Jet Airways du milliardaire Naresh Goyal en 2007.

- "Une question d'ego" -

Mais à son tour Jet Airways s'est effondrée en 2019, et beaucoup estiment que l'accord pour la reprise d'Air Sahara a précipité sa chute. "Les gens disent que pour devenir millionnaire, il faut d'abord devenir milliardaire et créer une compagnie d'aviation", plaisante Anas Rahman Junaid, fondateur et directeur général de Hurun India qui compile les fortunes mondiales.

L'Inde, avec 1,4 milliard d'habitants, est un des marchés du transport aérien à connaître les meilleurs rythmes de croissance au monde, et a tout de même fait la fortune de certains entrepreneurs. M. Junaid rappelle que "les milliardaires les plus riches du monde dans le domaine de l'aviation viennent d'Inde : les fondateurs d'IndiGo". Cette compagnie aérienne, lancée en 2006 par Rakesh Gangwal et Rahul Bhatia, est le premier transporteur intérieur de l'Inde.

Excepté l'entrepreneur britannique Richard Branson, dont la fortune nette de 6 milliards de dollars repose sur le groupe diversifié Virgin, les patrons d'IndiGo pesant chacun plus de 4 milliards de dollars, sont ceux qui ont créé le plus de richesse à partir d'une "activité aérienne pure", selon M. Junaid.

Mais pour M. Jhunjhunwala, il s'agit d'un défi personnel. "J'espère prouver que les gens ont tort", a-t-il affirmé, "à présent, c'est une question d'ego". Cinquante-deuxième plus grande fortune d'Inde évaluée à 3,5 milliards de dollars nets, il détient des participations importantes dans une trentaine d'entreprises cotées indiennes.

- 737 MAX -

"C'est un investisseur qui a pignon sur rue, un trader très avisé", estime auprès de l'AFP l'analyste de marché Arun Kejriwal. "Mais diriger une compagnie aérienne n'est pas la même chose que faire du trading boursier", ajoute l'expert. Les analystes s'attendent à ce que Jhunjhunwala laisse les opérations quotidiennes d'Akasa, calquée sur des compagnies comme Ryanair et Southwest Airlines, à une équipe de gestion composée de vétérans du secteur.

Mais la forte hausse du prix du kérosène et l'affaiblissement de la roupie indienne assombrissent les perspectives d'une industrie en pleine convalescence post-pandémie. Le coronavirus a fait perdre au transport aérien indien environ 8 milliards de dollars en deux ans, selon une étude du cabinet d'études de marché aéronautique CAPA.

Selon les estimations du gouvernement, les pertes s'élèvent à 2,5 milliards de dollars. Néanmoins, plusieurs compagnies aériennes rivalisent pour transporter une classe moyenne en pleine expansion, et le gouvernement de Narendra Modi s'est engagé à construire 80 aéroports d'ici 2025 dans le pays, un marché clé pour les avionneurs Boeing et Airbus.

A partir de dimanche, Akasa, compagnie aérienne à très bas coût, proposant des billets 10% moins chers que ceux de ses concurrents, exploitera deux avions mono-couloirs Boeing 737 MAX reliant quatre villes indiennes. Elle espère disposer d'une flotte de 18 appareils d'ici la fin de 2023.

L'arrivée dans l'aérien de cet Indien de 62 ans, ayant fait sa fortune en Bourse, en a étonné plus d'un, en regard des sombres perspectives économiques mondiales. "L'oracle de Dalal Street" - jeu de mot avec le surnom de Warren Buffett ("l'oracle d'Omaha") et l'adresse de la Bourse de Bombay- a investi 35 millions de dollars pour sa participation estimée à 40% dans Akasa, signifiant le ciel en sanskrit. "Beaucoup se demandent pourquoi j'ai créé une compagnie aérienne. En guise de réponse, je dis que je suis préparé à l'échec", déclarait le milliardaire lors d'un rassemblement d'industrie en février, "il vaut mieux échouer pour avoir essayé que n'avoir pas essayé du tout". Les exemples d'échec ne manquent certes pas. L'homme d'affaires Vijay Mallya se bat contre son extradition de Grande-Bretagne pour fraude financière, depuis la faillite de la compagnie Kingfisher Airlines en 2012, qui a fait perdre aux banques indiennes plus d'un milliard de dollars. L'entrepreneur Subrata Roy, en disgrâce, comptait Air Sahara dans son empire depuis plus d'une décennie quand une succession de pertes l'ont forcé à la vendre à la compagnie Jet Airways du milliardaire Naresh Goyal en 2007. - "Une question d'ego" -Mais à son tour Jet Airways s'est effondrée en 2019, et beaucoup estiment que l'accord pour la reprise d'Air Sahara a précipité sa chute. "Les gens disent que pour devenir millionnaire, il faut d'abord devenir milliardaire et créer une compagnie d'aviation", plaisante Anas Rahman Junaid, fondateur et directeur général de Hurun India qui compile les fortunes mondiales. L'Inde, avec 1,4 milliard d'habitants, est un des marchés du transport aérien à connaître les meilleurs rythmes de croissance au monde, et a tout de même fait la fortune de certains entrepreneurs. M. Junaid rappelle que "les milliardaires les plus riches du monde dans le domaine de l'aviation viennent d'Inde : les fondateurs d'IndiGo". Cette compagnie aérienne, lancée en 2006 par Rakesh Gangwal et Rahul Bhatia, est le premier transporteur intérieur de l'Inde. Excepté l'entrepreneur britannique Richard Branson, dont la fortune nette de 6 milliards de dollars repose sur le groupe diversifié Virgin, les patrons d'IndiGo pesant chacun plus de 4 milliards de dollars, sont ceux qui ont créé le plus de richesse à partir d'une "activité aérienne pure", selon M. Junaid.Mais pour M. Jhunjhunwala, il s'agit d'un défi personnel. "J'espère prouver que les gens ont tort", a-t-il affirmé, "à présent, c'est une question d'ego". Cinquante-deuxième plus grande fortune d'Inde évaluée à 3,5 milliards de dollars nets, il détient des participations importantes dans une trentaine d'entreprises cotées indiennes. - 737 MAX -"C'est un investisseur qui a pignon sur rue, un trader très avisé", estime auprès de l'AFP l'analyste de marché Arun Kejriwal. "Mais diriger une compagnie aérienne n'est pas la même chose que faire du trading boursier", ajoute l'expert. Les analystes s'attendent à ce que Jhunjhunwala laisse les opérations quotidiennes d'Akasa, calquée sur des compagnies comme Ryanair et Southwest Airlines, à une équipe de gestion composée de vétérans du secteur. Mais la forte hausse du prix du kérosène et l'affaiblissement de la roupie indienne assombrissent les perspectives d'une industrie en pleine convalescence post-pandémie. Le coronavirus a fait perdre au transport aérien indien environ 8 milliards de dollars en deux ans, selon une étude du cabinet d'études de marché aéronautique CAPA. Selon les estimations du gouvernement, les pertes s'élèvent à 2,5 milliards de dollars. Néanmoins, plusieurs compagnies aériennes rivalisent pour transporter une classe moyenne en pleine expansion, et le gouvernement de Narendra Modi s'est engagé à construire 80 aéroports d'ici 2025 dans le pays, un marché clé pour les avionneurs Boeing et Airbus. A partir de dimanche, Akasa, compagnie aérienne à très bas coût, proposant des billets 10% moins chers que ceux de ses concurrents, exploitera deux avions mono-couloirs Boeing 737 MAX reliant quatre villes indiennes. Elle espère disposer d'une flotte de 18 appareils d'ici la fin de 2023.