La désignation de l'actuel patron de la branche aviation civile interviendra à l'occasion de l'assemblée générale du groupe à Amsterdam.

"Je me réjouis à la perspective de relever ce nouveau défi avec passion et enthousiasme", avait déclaré après sa désignation par le conseil d'administration celui qui représente une nouvelle génération à la tête du groupe depuis sa création en 2000.

M. Faury va prendre les rênes d'un groupe solide. Airbus affiche un carnet de commandes qui lui offre une visibilité de près de 10 ans avec plus de 7.350 appareils à livrer.

Son premier défi est industriel: Guillaume Faury doit poursuivre la montée en cadence de l'A320neo, le moyen-courrier qui constitue la colonne vertébrale industrielle et commerciale d'Airbus, avec un objectif de 60 appareils assemblés chaque mois d'ici mi-2019 et 63 l'an prochain. Airbus s'est donné pour objectif de livrer 880 à 890 avions cette année, contre 800 en 2018.

Il devra aussi relancer le géant aéronautique sur le plan commercial. L'avionneur a enregistré 831 commandes nettes d'avions en 2018, mais reste sur un bilan négatif de -58 commandes nettes depuis le début de 2019 en raison d'annulations de commandes.

Guillaume Faury devra rasséréner un groupe déboussolé depuis de longs mois par une crise de gouvernance qui s'est traduite depuis 2018 par les départs de ses dirigeants historiques, dont son ex-numéro deux Fabrice Brégier, qui était censé succéder à Tom Enders.

Le nouveau patron devra parachever la remise en ordre de bataille d'Airbus au moment où son concurrent Boeing est secoué par les difficultés de son avion vedette, le 737 MAX.

Airbus a annoncé en février la fin de la production de l'A380, son emblématique géant des airs entré en service en 2007, mais désormais en bout de course, faute de commandes.

Le constructeur a d'autre part intégré depuis l'été 2018 un petit nouveau, l'A220, ex programme CSeries racheté à Bombardier, pour viser le marché nord-américain.

La décision de Tom Enders d'auto-dénoncer des irrégularités sur des transactions valent à Airbus d'être depuis 2016 sous le coup d'investigations du Parquet national financier (PNF) en France et du Serious fraud office (SFO) en Grande-Bretagne. Il compte échapper à un procès en bénéficiant des lois anti-corruption dans les deux pays.