Depuis qu'Amazon a lancé aux Etats-Unis Amazon Go, un magasin-test sans caisse qui convoque intelligence artificielle, algorithmes et caméras, les groupes de distribution ne cessent de mener des expérimentations allant dans le même sens. Dernière en date : celle initiée en ce début d'année par Ahold Delhaize. Le géant néerlando-belge de la distribution vient de lancer un système baptisé tap to go dans l'un de ses magasins Albert Heijn To Go (son format de proximité) situé à Zaandam, au siège central de l'entreprise. Il devrait être déployé dans tous ses magasins de proximité d'ici le mois de juin.
...

Depuis qu'Amazon a lancé aux Etats-Unis Amazon Go, un magasin-test sans caisse qui convoque intelligence artificielle, algorithmes et caméras, les groupes de distribution ne cessent de mener des expérimentations allant dans le même sens. Dernière en date : celle initiée en ce début d'année par Ahold Delhaize. Le géant néerlando-belge de la distribution vient de lancer un système baptisé tap to go dans l'un de ses magasins Albert Heijn To Go (son format de proximité) situé à Zaandam, au siège central de l'entreprise. Il devrait être déployé dans tous ses magasins de proximité d'ici le mois de juin. Mais en quoi consiste-t-il ? Les clients doivent préalablement s'inscrire via une application, et ils reçoivent alors une carte NFC reliée à leur compte bancaire. Au fil de leurs achats, ils doivent apposer cette carte sur les étiquettes électroniques (NFC également) des produits qui les intéressent. " Les cartes NFC sont semblables aux cartes Mobib ou aux cartes de crédit contactless, explique Philippe Chevalier, professeur à la Louvain School of Management, spécialisé en supply chain management. Ces cartes possèdent une puce électronique comme les cartes Bancontact, mais aussi une petite antenne intégrée à l'intérieur et qui permet de communiquer avec la puce. Ces communications avec la puce électronique servent dans ce cas-ci à sécuriser les transactions afin qu'il ne soit pas possible pour une autre personne de 'copier' une carte et d'ainsi faire son shopping sur le compte d'autrui. " Dans un " avenir proche ", il sera également possible d'approcher son smartphone des étiquettes électroniques, promet le distributeur. La plupart des smartphones modernes possèdent en effet l'antenne nécessaire et leur microprocesseur permet de faire des calculs. Il faudra toutefois créer une application avec un niveau de sécurité suffisamment élevé pour éviter qu'un utilisateur puisse se faire passer pour un autre. Dès qu'une étiquette est scannée, les clients disposent de 10 minutes pour changer d'avis et annuler l'achat. Passé ce délai, le paiement est validé, que les courses soient terminées ou pas. Voilà qui soulève les limites d'un tel système, sans doute davantage adapté aux formats de proximité dans lesquels les paniers sont réduits et les circuits d'achat très courts. Se pose en outre la question du vol. Comment, en effet, surveiller que les clients ont bien scanné tous leurs articles ? Au rayon des avantages, on pointera le fait que ce système favorise les achats impulsifs en rendant l'acte d'achat plus simple et plus rapide. Par ailleurs, un tel dispositif supprime des tâches sans valeur ajoutée (le client ne retire aucune plus-value du passage en caisse). " Il est plus intéressant que le personnel se consacre à rendre le magasin plus attractif plutôt qu'à enregistrer les achats des clients ", assure Philippe Chevalier. Chez Delhaize, on affirme ne pas avoir de projet similaire pour le moment. " Mais nous regardons tout ce qui se fait, assure Roel Dekelver, porte-parole de Delhaize Belgique. Nous faisons aujourd'hui partie du même groupe, ce qui nous permettra d'avoir accès aux résultats de ce test. "