Une jeune fille au pair n'est ni une femme de ménage, ni une nounou, ni une baby-sitter. Elle - une jeune fille dans la grande majorité des cas - s'occupe des enfants de la famille d'accueil et accomplit quelques tâches ménagères comme préparer le repas, mettre la table ou vider le lave-vaisselle.

Elles sont environ 500 en Flandre, 300 à Bruxelles. Pour la Wallonie, les chiffres sont difficiles à obtenir car les procédures sont plus lourdes et plus lentes que dans les autres Régions mais il semblerait qu'on tourne autour de 250. " Des chiffres peu révélateurs car ils ne concernent que les filles au pair non européennes. La plupart viennent d'Amérique du Sud, d'Asie, de Russie et d'Afrique du Sud, explique Marie- Christine Rombouts de l'agence de placement Au Pair Belgium. "La jeune fille veut découvrir une autre culture, une autre langue. Elle reste généralement un an dans la famille d'accueil."

Echange culturel

Marie-Christine Rombouts abrite une jeune Colombienne qui s'occupe de ses deux filles. " Elle prépare les sandwichs le matin et les emmène à l'école, ce qui me permet de gagner un temps précieux avant d'aller au travail. Ma qualité de vie s'en trouve nettement améliorée. L'échange culturel est aussi un plus indéniable. Elle apprend à mes filles des comptines et des chansons dans une autre langue et elle découvre un tas d'activités inconnues dans son pays d'origine. "

Shellie et son mari ont un travail très prenant aux Pays-Bas. Le bureau de placement néerlandais Snaps leur a trouvé une jeune fille au pair thaïlandaise. "Ma fille est née en Thaïlande, un pays dont nous apprécions la culture ", confie Shellie. La jeune femme l'emmène à l'école et va la chercher chaque jour, prépare les collations et joue avec elle. " Il existe bien une garderie dans notre village mais elle s'occupe beaucoup mieux de notre fille que n'importe quelle gardienne. "

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Agence spécialisée

La recherche d'un jeune au pair est généralement confiée à une agence spécialisée. Condition sine qua non : la famille d'accueil doit habiter une maison assez spacieuse. La jeune fille doit disposer de sa propre chambre, c'est un minimum. " Le jeune au pair reçoit 450 euros d'argent de poche par mois, précise Marie-Christine Rombouts. A cela s'ajoutent les frais fixes comme le visa, les billets d'avion aller-retour, les assurances soins médicaux, hospitalisation et rapatriement, qui se montent à quelque 2.000 euros. Certaines filles au pair sont disposées à payer leur billet d'avion de leur poche. "

La jeune fille au pair est en outre obligée de suivre des cours de langue dans une école agréée. Prix : environ 200 euros par semestre. " Un adulte de plus à la maison signifie également des frais supplémentaires de chauffage, d'eau et d'électricité ", souligne Marie-Christine Rombouts.

Enfin, la famille d'accueil doit également indemniser l'agence de placement qui prend en charge le recrutement, la procédure de placement et l'assistance pendant le séjour de la personne au pair. " Comptez environ 2.000 euros ", précise Marie-Christine Rombouts. Au Pair Belgium définit les critères de recherche et les attentes de la famille d'accueil, interviewe les candidates les plus adéquates, collecte les références et, à l'instar d'un chasseur de tête, présente le dossier de plusieurs candidates à la famille d'accueil. L'agence s'occupe aussi de la demande de permis de travail et de visa longue durée. Au Pair Belgium organise en outre des événements auxquels les jeunes gens au pair sont conviés.

Paperasserie

L'embauche d'un jeune au pair implique pas mal de paperasserie. " Le bureau de placement nous a expliqué la législation en la matière, les conditions à respecter et la durée de séjour maximum de notre au pair, se souvient Shellie. Il faut prouver, documents à l'appui, qu'on réside ici, qu'on gagne suffisamment, qu'on est couvert par une assurance frais médicaux et que quelqu'un peut aller chercher notre fille à l'école au cas où la jeune fille au pair serait malade. "

Le bureau prend régulièrement des nouvelles des jeunes au pair pour s'assurer que tout va bien. " Une bonne chose car il arrive qu'ils ne soient pas bien traités. Pour nous, cela va de soi, même si ce n'est pas toujours évident d'intégrer un étranger à la vie de famille. Nous essayons de lui donner une certaine liberté tout en l'impliquant dans notre quotidien. Elle mange avec nous, mais ce n'est pas une obligation. "

La jeune fille au pair n'est ni une femme de ménage, ni une nounou, ni une baby-sitter. © Photos PG

Vingt heures par semaine

En Belgique, une fille au pair ne peut pas travailler plus de 20 heures par semaine. Trop peu, estime Marie-Christine Rombouts. " Dans les pays voisins, le maximum autorisé est de 30 heures semaine et l'argent de poche atteint rarement 450 euros par mois. D'où l'importance pour la famille d'accueil et la fille au pair de se mettre préalablement d'accord. En pratique, la personne au pair travaille facilement une heure le matin. Ce qui laisse peu de temps pour les activités et les hobbys extra-scolaires. Quid si les parents ont des obligations en soirée ? Doivent-ils engager une baby-sitter parce que la jeune fille au pair a déjà presté quatre heures ce jour-là ? La réglementation belge en la matière manque de flexibilité. "

La limite entre les services à rendre à la famille et le temps libre est parfois floue. " Si chacun débarrasse son assiette, considère-t-on que la fille au pair a travaillé ou a fait ce qu'elle devait comme n'importe quel autre membre de la famille ? Nous conseillons aux familles d'accueil de passer des accords clairs et précis sur le temps que la jeune fille doit consacrer à ses tâches pour qu'elle sache exactement ce qu'on attend d'elle et quand elle peut s'absenter de la maison ", explique Marie-Christine Rombouts.

La fille au pair de Shellie preste 30 heures semaine, conformément à la loi néerlandaise. " Heureusement car 20 heures, ce serait nettement insuffisant pour nous. Nous l'emmenons régulièrement en excursion pour lui faire découvrir le pays. Elle dispose de sa propre chambre, reçoit de l'argent de poche chaque mois, bénéficie de cours de langue, d'un abonnement bus et train. "

Se dire au revoir

Shellie a engagé plusieurs jeunes filles au pair ces dernières années. " Elles ne restent généralement qu'un an, dommage. L'idéal serait trois ou quatre ans. Les adieux sont toujours difficiles. "

Quid si le courant ne passe pas bien entre la famille d'accueil et le jeune au pair ? L'agence de placement joue le rôle de médiateur et essaie de comprendre de quoi il retourne. " Dans le pire des cas, la fille au pair rentre chez elle mais en général, nous essayons de lui trouver une place dans une autre famille d'accueil, conclut Marie-Christine Rombouts. Pas question d'imposer une collaboration bancale. "