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A lire aussi: L'économie belge souffre de trop de... postes vacants: le pointDepuis des années, l'enseignement francophone reçoit un bulletin déplorable de la part de toutes les enquêtes internationales. Ses résultats sont chaque année plus mauvais au point que, désormais, l'élève belge francophone traîne, au sein des pays développés, la triste réputation de cancre en lecture et compréhension de texte. La dernière enquête sur le sujet répond au doux nom de PIRLS. Elle a évalué des élèves de quatrième primaire. Et avec 497 points, alors que la moyenne des pays développés est de 542, les petits francophones sont les derniers de la classe, à des années-lumière des petits Irlandais ou des petits Finlandais. La fameuse enquête Pisa, qui évalue les compétences en langue maternelle, sciences et mathématiques des élèves un peu plus âgés (15 ans), ne fait que confirmer le diagnostic. Nos chérubins sont des " Ducobus " en puissance. Bien sûr, il s'agit de moyennes. Mais on note cependant que les meilleures écoles de Wallonie-Bruxelles ont désormais du mal à rivaliser avec les meilleurs établissements des pays voisins. Non seulement il y a encore trop d'écarts entre bons et moins bons élèves, mais les bons élèves sont moins bons qu'ailleurs. Sans compter notre taux de décrochage scolaire qui est proprement affolant (14,8 % à Bruxelles, 10,5 % en Wallonie). Les causes, comme le soulignent les spécialistes de l'ULiège interrogés par nos confrères du Soir, résident notamment dans notre enseignement structuré en filières : très tôt, trop tôt, l'élève est orienté en fonction de ses résultats mais aussi de son comportement, voire de son origine sociale, vers l'enseignement général, technique ou professionnel. Notre système n'efface pas les différences sociales et culturelles. Il les exacerbe. Quelle différence avec les petits Finlandais, qui suivent un tronc commun entre 7 et 16 ans, où les écoles sont d'une homogénéité quasi parfaite (aucune raison de planter sa tente pour essayer d'avoir le " bon " établissement scolaire pour ses enfants), où les enseignants sont valorisés, notamment sur le plan salarial, où la notation n'est pas stigmatisante et où pourtant l'enseignement coûte moins cher qu'en Belgique ! Car les heures de cours sont sensiblement moins nombreuses (souvent, l'école se termine en début d'après-midi) et les énergies ne sont pas dissipées au travers de la multiplication de filières et d'options diverses. Les Finlandais font donc mieux avec moins. Et l'esprit qui préside à la formation des jeunes têtes blondes ou brunes est totalement différent : les pays scandinaves ont coutume de dire que leurs écoles préparent leurs enfants à la vie. Les nôtres les préparent à passer des concours avec plus ou moins de brio. En caricaturant à peine, pendant que nos élèves ânonnent leurs tables de logarithmes, les petits Finlandais apprennent à manier une calculette, à comprendre un mode d'emploi en anglais ou en suédois, ou à se servir d'une application pour construire un site internet... Soyons honnêtes : cet enseignement n'a pas réussi à éradiquer complètement le chômage qui est encore de l'ordre de 8 % en Finlande. Mais il a au moins permis de réduire fortement le nombre d'emplois vacants, au contraire de notre pays qui est le champion européen des jobs non pourvus. Le grand scandale, chez nous, est en effet cet écartèlement : nous avons d'un côté 360.000 chômeurs indemnisés (à quoi il faut ajouter 150.000 demandeurs d'emplois qui échappent aux statistiques) et de l'autre 142.000 emplois vacants. A l'heure où l'on parle de pacte d'excellence et de réforme scolaire, remplir ces 142.000 places vides devrait être la priorité numéro un. Et la solution passe par une révolution de notre système éducatif.