La voiture électrique reste encore anecdotique sur nos routes. Elle ne pèse guère qu'une petite centaine de milliers de voitures dans les immatriculations européennes en 2016 sur un total de 14,6 millions d'automobiles, moins d'un pourcent. De quoi douter du réalisme des objectifs annoncés ces derniers jours par Volvo ou le gouvernement français. Ce dernier est de stopper la vente de voitures à carburant en 2040. Ferdinand Dudenhöffer, expert écouté du secteur, se veut rassurant.
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La voiture électrique reste encore anecdotique sur nos routes. Elle ne pèse guère qu'une petite centaine de milliers de voitures dans les immatriculations européennes en 2016 sur un total de 14,6 millions d'automobiles, moins d'un pourcent. De quoi douter du réalisme des objectifs annoncés ces derniers jours par Volvo ou le gouvernement français. Ce dernier est de stopper la vente de voitures à carburant en 2040. Ferdinand Dudenhöffer, expert écouté du secteur, se veut rassurant.Que pensez-vous de la stratégie de Volvo de ne plus lancer de modèles à carburant à partir de 2019, uniquement des voitures électriques ou, jusqu'en 2023, des hybrides ?Ferdinand Dudenhöffer: Je pense que c'est une bonne approche et une bonne stratégie. Volvo se focalise sur l'alternative la plus probable, en économisant sur les investissements dans les motorisations, grâce à leur accès au premier marché du monde, la Chine, qu'ils ont en vue (Volvo appartient au constructeur chinois Geely ndlr). En résumé : félicitations à Mr. Hakan Samuelsson, le CEO de Volvo cars, pour cette stratégie audacieuse.Est-ce que l'échéance de 2040 pour arrêter la vente de modèles à carburant, lancée par la France, passer à 100% d'électriques, vous parait plausible, crédible ?Oui, c'est possible. L'industrie connaît maintenant le calendrier. Il était très important qu'elle ait plus de 20 ans pour organiser la transition.L'Allemagne semblait plus ambitieuse, en préférant une échéance à 2030, mais elle n'est pas contraignante ?Non, il s'agit d'une motion du Bundesrat (Conseil Fédéral, équivalent d'un Sénat), elle n'a pas force obligatoire. Ce n'est pas une loi, juste une déclaration. Je pense que l'Allemagne sera en retard sur ce sujet. Les politiques sont convaincus qu'ils aident l'industrie s'ils peuvent reporter. C'est une grande erreur.Vous aviez lancé un cri d'alarme en 2016 dans un livre (1) sur le risque pour l'industrie automobile allemande de se voir doublée par les Américains et les Chinois dans la transition vers la voiture électrique. Depuis lors des annonces ont été faites. Les grandes marques germaniques ont-elles rattrapé leur retard ?Les constructeurs commencent à mieux se positionner sur la voiture électrique, depuis deux ans, en particulier depuis le choc du dieselgate. Mais cela prendra du temps avant de voir des réalisations importantes : 2019. Mais ça vient.Qui a la meilleure stratégie électrique ? Le groupe VW, Daimler Mercedes, BMW ?Au niveau mondial, le meilleur est bien sûr Tesla. En Allemagne, VW, BMW et Daimler essayent toujours de rattraper le marque américaine. Je ne pense pas qu'il y ait de grosses différences entre eux. Tous veulent sortir le plus vite possible des voitures électriques avec 500 km d'autonomie. VW et BMW bénéficient pour le moment d'un avantage. Daimler est pour le moment le dernier dans la course. Le meilleur exemple est la Smart électrique, qui manque d'innovations. Cependant la course est ouverte. Déjà maintenant, on a vu apparaître une nouvelle marque premium qui est remarquable, Tesla. Propos recueillis par Robert van Apeldoorn(1) Wer Kriegt Die Kurve, édition Campus, 2016, www.campus.de, bientôt traduit en chinois.