Revolut... Quand le smartphone remplace l'agence bancaire, cela donne naissance à une révolution nommée " néobanque ". Des banques totalement dématérialisées, innovantes dans leurs services et qui revendiquent des coûts très bas, voire inexistants, pour le consommateur. Revolut fait partie de cette catégorie de start-up qui continuent à défier les banques traditionnelles . " Nous proposons des services financiers mais nous ne sommes pas une banque ", plante Steven Geclowicz, country manager pour la Belgique et le Luxembourg, dont Revolut s'est attaché les services pour imposer la marque dans notre pays.
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Revolut... Quand le smartphone remplace l'agence bancaire, cela donne naissance à une révolution nommée " néobanque ". Des banques totalement dématérialisées, innovantes dans leurs services et qui revendiquent des coûts très bas, voire inexistants, pour le consommateur. Revolut fait partie de cette catégorie de start-up qui continuent à défier les banques traditionnelles . " Nous proposons des services financiers mais nous ne sommes pas une banque ", plante Steven Geclowicz, country manager pour la Belgique et le Luxembourg, dont Revolut s'est attaché les services pour imposer la marque dans notre pays. Fondée à Londres en 2015 par deux anciens traders russes (Nik Storonsky et Vlad Yatsenko), Revolut permet à ses utilisateurs de transférer de l'argent et de payer dans plusieurs devises étrangères sans frais, via un compte et une carte bancaire à recharger (Visa ou MasterCard). Toutes les opérations peuvent être effectuées sur smartphone. La start-up ne dispose pas de la moindre agence, elle ne dépense quasiment rien en marketing et promet de ce fait au client d'éliminer tous les coûts inutiles : " Les échanges de devises se font au taux d'intérêt interbancaire, c'est-à-dire au taux du marché que s'appliquent les banques entre elles, sans supplément, en semaine lorsque les marchés sont ouverts, explique Steven Geclowicz. Par exemple, si vous achetez un café dans un Starbucks à New York, vous payerez le prix affiché. Il n'y aura pas de coûts additionnels. Avec Revolut, vous économisez de 3 à 10 % sur vos dépenses à l'étranger. Seuls les frais que nous comptent les banques traditionnelles sont facturés. " Pour les retraits en cash, ces frais se montent à 2 % des montants retirés dans les distributeurs de billets, à partir de 200 euros par mois. La recette est donc simple : des prix réduits au maximum, l'ouverture d'un compte en quelques minutes et une appli mobile sur smartphone pour gérer ce compte. Le cocktail séduit en masse. Quatre ans à peine après sa création, la fintech britannique, qui a une licence bancaire en Lituanie, revendique plus de quatre millions de clients à travers le monde (dont 550.000 rien qu'en France), lesquels auraient effectué plus de 300 millions de transactions en quatre ans, pour un montant total de 45 milliards de dollars, soit environ 40 milliards d'euros. Mais Revolut a un appétit d'ogre. Engagée dans une course à la taille hors-normes sur le marché ultra-compétitif des néobanques, elle veut franchir la barre symbolique des " 100 millions de clients d'ici cinq ans ", lance Steven Geclowicz. L'objectif est particulièrement ambitieux. " La taille est effectivement très importante, poursuit le jeune responsable de Revolut. Aujourd'hui, nous enregistrons plus de 10.000 nouvelles ouvertures de compte par jour. Cela veut dire que si nous voulons atteindre cet objectif de 100 millions de clients dans les cinq ans qui viennent, nous devons pouvoir ouvrir 50.000 comptes de plus par jour. " Croître ou mourir, donc. La jeune société, déjà présente dans une trentaine de pays, prévoit dans les prochains mois de s'implanter aux Etats-Unis. Devraient suivre : l'Asie avec Hong Kong, Singapour, et à plus long terme le Japon. But : glaner des clients dans ces régions du monde tout en permettant aux clients européens d'ouvrir des comptes bancaires locaux dans ces pays et d'y transférer des fonds " instantanément et gratuitement ", indique Steven Geclowicz. Chez nous, Revolut affirme avoir déjà conquis 45.000 utilisateurs (âgés de 33 ans en moyenne) et espère franchir la barre des 100.000 clients d'ici la fin de l'année. Pour atteindre cet objectif, la start-up a ouvert dernièrement deux bureaux, à Anvers et Bruxelles. Outre une petite équipe de sept personnes (dont des " ambassadeurs " qui font parler de la marque sur les réseaux sociaux), elle compte, pour s'imposer sur le marché belge, sur sa carte et son appli. " La Belgique est un marché difficile et donc très important pour nous, nous explique Steven Geclowicz. C'est un gros challenge. Contrairement à d'autres pays européens comme les Pays-Bas, le Portugal ou ceux d'Europe centrale, le marché est relativement conservateur en termes d'acceptation de nouvelles technologies. En outre, le niveau de confiance envers les banques et leurs services est élevé. Il faut signer des documents pour ouvrir un compte, etc. Tout cela rassure le client. Cependant, nous pensons pouvoir offrir une alternative aux banques classiques. Il y a de moins en moins d'agences, de moins en moins de distributeurs de billets et l'utilisation du cash coûte cher. D'un autre côté, nos produits sont solides et notre appli est si intuitive qu'elle devrait convaincre, je pense, pas mal de personnes. Si nous pouvons prendre pied ici en Belgique, nous pouvons pour ainsi dire le faire pratiquement partout ", affirme Steven Geclowicz. Pour percer en Belgique, Revolut compte également s'allier à différentes marques connues (compagnies aériennes, chaînes de magasins, cinémas, etc.) et offrir ainsi divers avantages (ristournes, etc.). L'idée ? " Accroître la visibilité de nos produits, poursuit Steven Geclowicz. Les Belges ne connaissent pas Revolut. Ils doivent l'essayer. C'est pour cela que nous sommes en train de bâtir une équipe locale, des partenariats, de mettre en place des comptes avec un Iban belge. Revolut n'est pas un produit uniquement destiné à ceux qui voyagent régulièrement à l'étranger, même s'il leur est alors très utile. Il s'adresse aussi aux personnes qui l'utilisent localement. Bancontact marche bien mais me paraît un peu dépassé, pour être honnête. Il n'y a aucun incitant à l'utiliser : pas de cash back, pas de promo, etc. Voilà pourquoi il est fort possible que vous receviez prochainement une réduction sur votre première commande chez Uber Eats. C'est ce genre d' incentive que nous allons lancer en Belgique. " Au-delà de ces partenariats commerciaux, la start-up veut aussi enrichir progressivement sa gamme de services avec une offre de crédits, un robo-advisor (robot conseiller) et une plateforme de trading en Bourse sans frais. Elle entend donc ici se positionner plus agressivement et entrer directement en concurrence avec les banques établies. Dans son viseur : des plateformes d'achat et de vente de titres cotés, comme Keytrade ou Bolero (groupe KBC). Voilà qui devrait mettre du beurre dans les épinards. Il faut savoir en effet que Revolut développe son propre processeur de paiements, un investissement important. Bien sûr, la start-up peut compter sur de solides tours de table (336 millions de dollars) et de puissants investisseurs comme DST Global, Index Ventures, Ribbit Capital et Balderton Capital. Par ailleurs, elle se rémunère sur la commission d'interchange et s'assure également des revenus via ses comptes payants Premium (7,99 euros par mois) et Metal (13,99 euros par mois), incluant des produits d'assurance voyage, un accès à plusieurs crypto-monnaies (Bitcoin, Ether...), etc. Bref, " le modèle d'affaire de Revolut est profitable, même si notre priorité n'est pas de gagner de l'argent car nous investissons énormément dans notre développement ", assure Steven Geclowicz, rejetant fermement les allégations du journal britannique The Telegraph, accusant la start-up et son système de lutte contre le blanchiment d'argent d'avoir failli pendant plusieurs mois. Il n'empêche : la jeune fintech n'échappera pas au défi que représente la gestion de sa croissance folle.