"Les conditions des marchés sont toujours volatiles. Les taux d'intérêt sont extrêmement faibles. Je ne crois donc pas que ce soit le moment opportun que d'à nouveau demander à préparer une IPO (Initial Public Offering, entrée en Bourse, NDLR) pour mai-juin", a ainsi confié vendredi Marc Raisière, administrateur délégué de la banque, lors de la présentation des résultats annuels de son entreprise.

Au mois de septembre dernier, "en bon père de famille", le gouvernement avait décidé de reporter cette privatisation partielle. "Le temps n'est pas encore venu et les garanties ne sont pas réunies", avait alors commenté le Premier ministre Charles Michel. Il avait évoqué la faiblesse persistante des taux de la Banque centrale européenne (BCE) et certains facteurs de volatilité, dont les tensions avec les Etats-Unis ou le Brexit.

Selon les journaux L'Echo et De Tijd, les turbulences enregistrées sur les marchés financiers avaient réduit la valeur de la banque de 10 à 15% en quelques mois, un rapport des banques d'affaires accompagnant son entrée en Bourse lui attribuant alors une valeur de 5 à 7 milliards d'euros, contre 6 à 8 milliards en avril.

Quelques semaines plus tôt, le gouvernement s'était pourtant accordé pour mettre en Bourse 30% du capital de Belfius, une IPO couplée, politiquement, à une indemnisation des coopérants d'Arco, le holding financier du Mouvement ouvrier chrétien flamand emporté dans le naufrage de Dexia, soutenus par le CD&V.

"Je pense que ce fut une bonne décision de postposer", a reconnu Marc Raisière vendredi.

"Les marchés actuels ne sont pas faits pour une IPO", a abondé Jos Clijsters, président du conseil d'administration de la banque. "Mais l'idée n'est pas oubliée. Elle est juste postposée", a-t-il glissé, maintenant sa volonté de mettre une partie des actions en Bourse lorsque les taux seront plus positifs.

Quant au dossier Arco, la balle est dans le camp du gouvernement, a laissé entendre la direction de l'entreprise.