Aux Etats-Unis, c'est l'excellente santé de l'économie qui explique cette flambée. Le taux de chômage est descendu à 3,7 % en septembre, un plancher qui n'avait plus été touché depuis 1969. La Réserve fédérale, qui a relevé son taux directeur de 25 points (il passe de 2 à 2,25%) le 26 septembre, devrait procéder à une nouvelle hausse avant la fin de l'année et à trois autres en 2019....

Aux Etats-Unis, c'est l'excellente santé de l'économie qui explique cette flambée. Le taux de chômage est descendu à 3,7 % en septembre, un plancher qui n'avait plus été touché depuis 1969. La Réserve fédérale, qui a relevé son taux directeur de 25 points (il passe de 2 à 2,25%) le 26 septembre, devrait procéder à une nouvelle hausse avant la fin de l'année et à trois autres en 2019. Dans ce contexte, les investisseurs se débarrassent en masse des anciennes obligations dont les cours vont baisser à mesure que les taux vont augmenter. Et ce dégagement fait remonter les taux. En Italie, la hausse des taux est alimentée, au contraire, par la défiance des marchés à l'égard du gouvernement " anti-système " piloté par Giuseppe Conte. Ce dernier a décidé de réduire les impôts et d'augmenter les dépenses publiques, s'écartant ainsi résolument du plan de route dicté par l'Europe. L'Italie doit envoyer son projet de budget 2019 la semaine prochaine à la Commission européenne. Il devrait afficher un déficit de 2,4 % du PIB, ce qui est clairement " en dehors des clous ". Du coup, le taux italien à 10 ans, qui évoluait encore en dessous de 2 % en mai dernier, a dépassé 3,5 %, ce qu'il n'avait plus réalisé depuis 2014. Paradoxalement, certains sont tentés de comparer l'Italie et les Etats-Unis. Car ce qui réunit les deux Etats, en dehors de leurs nombreuses différences, c'est leur prodigalité. " Le déficit public américain est supérieur à 4 % alors que dans le passé, à croissance économique comparable, les Etats-Unis affichaient un surplus, observe Geert Noels, d'Econopolis. Goldman Sachs a calculé qu'en cas de récession, le déficit pourrait exploser pour représenter 9 % du PIB, ajoute-t-il. Cela non plus n'incite pas les investisseurs à conserver leurs obligations d'Etat.