Une page se tourne pour la place de Luxembourg. Le ministre luxembourgeois des Finances Pierre Gramegna a en effet confirmé la rumeur : le groupe chinois Legend rachète 90 % des actions de la Banque Internationale à Luxembourg (la BIL), tandis que l'Etat luxembourgeois conserve les 10 % restants. Jusqu'ici, ce gros bloc de 90 % était dans les mains du fonds qatari Precision Capital, bras financier d...

Une page se tourne pour la place de Luxembourg. Le ministre luxembourgeois des Finances Pierre Gramegna a en effet confirmé la rumeur : le groupe chinois Legend rachète 90 % des actions de la Banque Internationale à Luxembourg (la BIL), tandis que l'Etat luxembourgeois conserve les 10 % restants. Jusqu'ici, ce gros bloc de 90 % était dans les mains du fonds qatari Precision Capital, bras financier des membres de la famille royale du Qatar, dont fait partie l'ancien Premier ministre, le cheik Hamad ben Djassim al Thani. Montant du chèque signé par les Chinois : un milliard et demi d'euros ! L'opération est particulière à plus d'un titre. D'abord parce que la BIL, fondée en 1856, est la plus ancienne banque de la place financière luxembourgeoise et que Precision Capital est par ailleurs aussi la maison-mère de KBL European Private Bankers (réseau européen de banques privées dont fait partie Puilaetco Dewaay). Ensuite parce que derrière le groupe Legend se cache un conglomérat coté à la Bourse de Hong Kong qui emploie près de 70.000 personnes et qui n'est autre que le propriétaire des ordinateurs Lenovo. A cet égard, le deal est révélateur de la stratégie économique du Luxembourg depuis la disparition de son secret bancaire. Une stratégie de diversification qui passe par une fiscalité qui reste attrayante pour les grosses fortunes étrangères malgré la transparence des patrimoines, mais aussi par la construction d'infrastructures technologiques pour accueillir les géants du Net tel qu'Amazon, le développement d'une industrie de fonds de premier plan ou encore la mise sur pied d'un savoir-faire dans le domaine des opérations financières libellées en... renminbi (la monnaie chinoise) ! Dernière particularité : on se souviendra que la BIL est loin d'être une inconnue pour les Belges. Spécialisée dans les services de gestion de patrimoine à destination des particuliers fortunés, elle fut pendant de nombreuses années la propriété du groupe Dexia avant l'éclatement de ce dernier en 2011.