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Les plus mesurés relèvent le poids des "incertitudes" et considèrent qu'elles n'ont jamais été aussi fortes qu'aujourd'hui. Vrai ou faux ?"La situation ne paraît pas aussi grave qu'en 2008, analyse pour sa part Bernard Keppenne, l'économiste en chef de CBC Banque. Le fait est surtout que les investisseurs 'sur-réagissent'. Ils ont fait plonger les Bourses de façon très prononcée, alors que les indicateurs économiques ne sont pas si mauvais pour l'Europe et les Etats-Unis. Il semble régner une ambiance délétère. Les marchés attachent trop d'importance aux facteurs négatifs. Un exemple ? On parle d'une exposition risquée des banques au pétrole et au gaz de schiste, mais les montants en jeu n'ont rien à voir avec les crédits immobiliers dangereux de la crise des subprimes. Les éléments positifs sont insuffisamment pris en compte. Ils existent pourtant. Comme l'amélioration du marché de l'emploi aux Etats-Unis et en Europe. Cela devrait faire repartir la demande. Or, ce n'est pas le cas. Ici, effectivement, on se trouve devant une inconnue fondamentale. On ne se l'explique pas. C'est contraire à beaucoup de grilles de lecture..."Sans doute cette exception est-elle due au fait que le contexte actuel est unique dans l'histoire. Jamais autant de liquidités n'ont été déversées dans les économies par les banques centrales. Leur masse concourt à renforcer la nervosité. Des flux de capitaux considérables s'investissent ou se désinvestissent dans les différentes classes d'actifs en fonction des bonnes ou mauvaises nouvelles du moment. L'endettement mondial est phénoménal."Les banques centrales ont probablement montré toutes leurs limites, poursuit Bernard Keppenne. Le tout est de savoir comment s'en sortir. C'est-à-dire comment montrer aux marchés qu'ils ne peuvent vivre éternellement sous perfusion, sans pour autant les froisser."Des investisseurs ont récemment avancé l'idée d'un "grand plan de stabilisation" qui serait coordonné par les puissances du G20. La réponse de ces pays - aux intérêts divergents - a été plutôt froide.