Vitor Constancio a présenté le nouveau rapport sur la stabilité financière de la zone euro (un rapport réalisé tous les six mois). L'un dans l'autre, les indicateurs de risque évoluent toujours à un niveau très bas et le système financier se montre très "résilient". On assiste même à une amélioration du côté des banques, qui bénéficient ces derniers jours d'un écartement de la différence entre les taux courts et les taux à long terme, un "différentiel" très important car il conditionne en grande partie les bénéfices des institutions bancaires. Celles-ci rémunèrent généralement les dépôts de leurs clients en fonction des taux à court terme, mais reçoivent sur les prêts qu'elles octroient des intérêts généralement liés aux tau...

Vitor Constancio a présenté le nouveau rapport sur la stabilité financière de la zone euro (un rapport réalisé tous les six mois). L'un dans l'autre, les indicateurs de risque évoluent toujours à un niveau très bas et le système financier se montre très "résilient". On assiste même à une amélioration du côté des banques, qui bénéficient ces derniers jours d'un écartement de la différence entre les taux courts et les taux à long terme, un "différentiel" très important car il conditionne en grande partie les bénéfices des institutions bancaires. Celles-ci rémunèrent généralement les dépôts de leurs clients en fonction des taux à court terme, mais reçoivent sur les prêts qu'elles octroient des intérêts généralement liés aux taux à long terme. Quand ce différentiel de taux s'écarte, les banques font davantage de profits.L'effet TrumpMais cet écart grandissant est la conséquence d'un choc, celui de la victoire de Donald Trump. Les marchés s'attendent désormais à une politique américaine caractérisée par davantage de stimuli fiscaux, qui, espère-t-on, devraient doper la croissance et l'inflation aux Etats-Unis. Dès lors, les taux américains ont remonté et par sympathie, les taux européens. En raison de cette hausse des taux - et donc de cette baisse des cours -les investisseurs obligataires ont perdu 1.000 milliards d'euros lors de la première semaine qui a suivi l'élection américaine. Et cette correction s'est accompagnée d'un mouvement de balancier au détriment des actions et en faveur des actions.Ce mouvement se poursuivra-t-il ? "Je l'ignore", répond Vitor Constancio, mais il ajoute qu'une chose est certaine, c'est que la BCE interviendrait si elle devait constater un trop grand risque de déstabilisation de la zone euro. Le Vice-président de la BCE observe aussi que la hausse des marchés boursiers n'a pas encore créé de bulle. Dans la plupart des marchés mondiaux, le rapport cours-bénéfices est en deçà de sa moyenne historique, sauf aux Etats-Unis. Mais ces vastes mouvements de correction sont à observer avec attention.Dettes en hausse, profitabilité toujours basse Autre risque, celui concernant les institutions non bancaires. On observe ces derniers mois que les assureurs, les fonds de pension et les fonds d'investissement ont accru la part d'actifs risqués dans leurs portefeuilles parce qu'ils recherchent des rendements dans un environnement de taux bas. Pas de quoi trop s'inquiéter cependant du côté des assureurs: ceux de la zone euro affichent en moyenne des retours sur fonds propres de 8 à 9% en moyenne, nettement plus élevés que les banques (5% en moyenne dans la zone euro). Cela laisse du temps aux assureurs pour s'adapter. Mais ici aussi, la vigilance est de mise.Et puis deux autres risques spécifiques sont également pointés par la BCE. Le premier est la profitabilité des banques, qui reste sous pression. Avec un retour sur fonds propres de 5%, les banques de la zone euro sous-performent clairement celles des pays nordiques, qui ont une profitabilité qui atteint le double de celle de la zone euro. Les taux, les excès de capacité et les coûts relativement élevés continuent de peser sur le secteur bancaire européen. Mais comme on l'a vu plus haut, la remontée des taux obligataire est une bonne nouvelle, et elle a d'ailleurs été saluée par une belle remontée des cours des actions bancaires.Et puis le dernier risque est celui du niveau d'endettement, public et privé, qui reste élevé. Le danger est que cet endettement devienne de moins en moins soutenable dans un environnement de faible croissance et un contexte politique moins propice à lancer de grandes réformes structurelles. Ici aussi, la vigilance s'impose.