Rien de tout cela, hélas. Non, les Bourses sont aujourd'hui en lévitation grâce à la "Trumpomanie" qui s'est emparée des marchés depuis le 9 novembre dernier. Hier encore, le milliardaire peroxydé était honni par les pontes de Wall Street et de la Silicon Valley. Les uns et les autres prédisaient le pire au cas où le milliardaire new-yorkais serait élu. Les uns et les autres s'affichaient ostensiblement au côté d'Hillary Clinton et lui ouvraient largement leurs carnets de chèques.
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Rien de tout cela, hélas. Non, les Bourses sont aujourd'hui en lévitation grâce à la "Trumpomanie" qui s'est emparée des marchés depuis le 9 novembre dernier. Hier encore, le milliardaire peroxydé était honni par les pontes de Wall Street et de la Silicon Valley. Les uns et les autres prédisaient le pire au cas où le milliardaire new-yorkais serait élu. Les uns et les autres s'affichaient ostensiblement au côté d'Hillary Clinton et lui ouvraient largement leurs carnets de chèques. Et patatras, depuis la victoire de Donald Trump, le discours des dominants a négocié un virage à 180°. L'homme à abattre est devenu le sauveur de la nation. Sa volonté de baisser les impôts ? Une excellente pour l'économie. Son désir de relancer les dépenses d'infrastructures ? Magnifique, elles vont doper la croissance américaine. La déréglementation du secteur bancaire ? Exceptionnelle, elle va permettre aux banques de refaire leurs anciennes bêtises mais sans risque d'amende. Que le déficit puisse se creuser, que ces décisions fassent augmenter les taux d'intérêt avec la possibilité d'un krach obligataire, tout cela n'affecte aucunement les investisseurs. Ils ont décidé de saliver à tout ce que propose le futur locataire de la Maison-Blanche. Les investisseurs achètent presque tout en ce moment, sans faire la fine bouche. Comme l'écrit le très fin Philippe Béchade, analyste financier et chroniqueur, " tout est bon dans le cochon, et c'est valable aussi pour les marchés d'actions ". Disons-le tout net : si les ouvriers et les classes populaires ont voté massivement pour Donald Trump, pour l'heure le " rallye boursier " de la fin d'année ne leur profite pas. Mais alors là, pas du tout. Depuis son élection, la capitalisation boursière de Wall Street a grimpé de... 1.000 milliards de dollars. Et ce ne sont pas les pauvres, mais les riches et ultra-riches qui ont capté 85 % de cette manne. C'est le plus grand cadeau de Noël du 21e siècle donné aux 1 % les plus riches et aux fonds spéculatifs.Merci Tonton Donald. Le pourfendeur des inégalités vient de les accroître considérablement sans même avoir encore élu domicile à la Maison-Blanche. Il est fort le Donald. Très fort. Les plus sceptiques ou ceux qui réfléchissent encore jouent déjà au " Trade Trump ". Mais qu'est-ce ? C'est un pari qui consiste à jouer sur la déception des marchés lorsqu'ils prendront conscience que le programme du futur président américain n'est pas applicable ou seulement en partie. Mauvais joueurs, les partisans du " Trade Trump " ? Non. Selon nos confrères de la Chronique Agora, ils sont simplement plus réalistes. La raison ? La hausse actuelle signifie en quelque sorte que l'arrivée de Donald Trump est synonyme d'un avenir radieux. Mais si tout allait mal avant, expliquez-nous chers experts, pourquoi les indices américains n'ont pas cessé de grimper durant la présidence de Barack Obama ? Poser la question, c'est oser affirmer qu'avec les " Trumponomics " nous sommes dans du pur storytelling, soit l'art de raconter des histoires... Les investisseurs prudents liront donc avec intérêt notre dossier " Investir en 2017 ". Nous leur souhaitons une bonne lecture et une année 2017 fructueuse et sans " Trumperie " financière.