Ce plan, annoncé fin juillet, avait reçu mardi le feu vert de la Banque centrale européenne (BCE).

La Monte dei Paschi di Siena, qui concentre depuis de longs mois les inquiétudes autour du système bancaire italien, entend mener cette recapitalisation avant la fin 2016, mais le contexte est compliqué par le référendum constitutionnel du 4 décembre, périlleux pour le gouvernement de Matteo Renzi.

Alors que l'atomisation de l'actionnariat, avec la montée de fonds spéculatifs ces derniers temps, faisait craindre que le quorum ne soit pas atteint, la banque avait mandaté une société spécialisée, parallèlement au noyau d'actionnaires stables, pour récolter les adhésions d'investisseurs, tandis qu'un groupe d'employés étaient chargés de contacter les petits porteurs.

Finalement, 22,37% du capital était représenté à cette assemblée générale cruciale, soit au-dessus du seuil de 20% exigé, et 96,13% des actionnaires représentés ont voté en faveur du plan de sauvetage.

Le plan représente "un passage fondamental qui devrait permettre à la banque de pouvoir se positionner de manière nouvelle, avec une plus grande force, parmi les établissements leaders du système bancaire italien, avec une situation patrimoniale solide", a affirmé aux actionnaires Marco Morelli, qui dirige la banque depuis septembre.

Plus vieil établissement financier du monde, la Monte est considérée comme l'un des maillons faibles du système bancaire italien. Elle a affiché les pires résultats aux tests de résistance publiés fin juillet par l'Autorité bancaire européenne (EBA). Et depuis début 2016, son titre a perdu plus de 80% à la Bourse de Milan.

En octobre, BMPS a annoncé la suppression de 2.600 postes et la fermeture d'un quart de ses agences dans le cadre d'un plan stratégique visant un bénéfice net supérieur à 1,1 milliard d'euros en 2019.

Son plan de sauvetage inclut une offre de conversion volontaire d'obligations subordonnées en actions, ouvertes à tous les détenteurs, y compris individuels. BMPS s'attend à récolter un milliard d'euros avec cette opération qui doit être lancée fin novembre.

Mais selon les observateurs, nombre de porteurs hésitent à apporter leurs titres, qui bénéficient d'une prime allant de 25 à 35%.

Parallèlement, la banque cherche à trouver un actionnaire de référence qui apporterait au moins un milliard d'euros, et plusieurs autres importants. Des contacts avancés ont lieu, selon la presse, avec le fonds du Qatar Qia.