Négocié depuis août 2020, ce nouvel accord est une véritable bouée de sauvetage pour Buenos Aires. Le précédent gouvernement (centre-droit) avait contracté en 2018 un prêt record de 57 milliards de dollars. Mais bien en peine de rembourser ses échéances, la deuxième économie d'Amérique du Sud risquait le défaut de paiement.

"C'est un pas en avant important pour l'Argentine dans le processus de stabilisation macroéconomique, qui permet au pays de continuer à créer les conditions pour pouvoir poursuivre la forte reprise économique" actuelle, a déclaré le ministre argentin de l'Economie Martin Guzman à l'AFP à Paris. Pour M. Guzman, qui a rencontré en France le Club de Paris et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le refinancement des dettes de 2018 et 2019 permettra une "plus grande stabilité" et stimulera "la croissance des investissements", ainsi que "la reprise de l'emploi et de la production".

Le nouveau plan d'aide, d'une durée de 30 mois, accordé au titre de "mécanisme élargi de crédit" du Fonds monétaire international, doit permettre à l'Argentine de "renforcer la viabilité de la dette, de lutter contre l'inflation élevée, d'augmenter les réserves, de combler les lacunes sociales du pays", a expliqué l'institution. Si la reprise économique et de l'emploi est sur les rails après la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, l'Argentine "continue de faire face à des défis économiques et sociaux exceptionnels", a néanmoins souligné la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva.

Et de citer "un revenu par habitant déprimé, des niveaux de pauvreté élevés, une inflation élevée persistante, un lourd fardeau de la dette et de faibles réserves extérieures".

- Pauvreté -

Avant même la pandémie, le taux de pauvreté était proche de 36%, selon des données du FMI. Mme Georgieva estime que le programme économique qui a été élaboré par le gouvernement argentin et qui est soutenu par le Fonds "fixe des objectifs pragmatiques et réalistes, ainsi que des politiques crédibles pour renforcer la stabilité macroéconomique". Le programme devrait ainsi permettre d'assainir le budget argentin et de soutenir la croissance, ce qui permettra de renforcer la viabilité de la dette et de maîtriser "une inflation persistante et élevée".

Pour autant, la patronne du FMI observe qu'"un consensus politique et social fort est essentiel pour soutenir la mise en oeuvre du programme de réformes". Le Congrès argentin a donné son aval la semaine dernière à ce montant de prêt. En revanche, il n'a pas voté sur les politiques macroéconomiques elles-mêmes. Malgré les frictions politiques, un responsable du FMI, qui a requis l'anonymat, s'est dit "tout à fait confiant" sur ce programme. Kristalina Georgieva a, elle, reconnu que les risques étaient "exceptionnellement élevés" alors que les retombées de la guerre en Ukraine se matérialisent déjà.

- Recalibrage du programme? -

"La montée dramatique récente des tensions géopolitiques accentue l'incertitude sur les perspectives mondiales de croissance, d'inflation, de prix des matières premières et de flux de capital, avec des implications potentielles importantes pour l'Argentine et pour le programme", notent les économistes du FMI dans un rapport publié vendredi soir.

Ils notent aussi qu'une reprise de la pandémie n'est pas exclue sans compter le resserrement des conditions financières mondiales et les chocs climatiques.

"De plus, le programme peut échouer à engendrer la confiance et, au fil du temps, à renforcer la stabilité, surtout si le soutien politique au programme faiblit, y compris avant l'élection présidentielle d'octobre 2023", mettent en garde les auteurs du rapport.

"Dans ce contexte, un recalibrage précoce du programme, y compris l'identification et l'adoption de mesures appropriées, au besoin, sera essentiel pour atteindre les objectifs du programme", a préconisé Kristalina Georgieva.

Le responsable du FMI, qui n'a pas souhaité être identifié, a indiqué qu'un premier examen du programme devrait avoir lieu dès la mi-mai. Il n'a en revanche pas donné de date sur une éventuelle mission dans le pays.

Négocié depuis août 2020, ce nouvel accord est une véritable bouée de sauvetage pour Buenos Aires. Le précédent gouvernement (centre-droit) avait contracté en 2018 un prêt record de 57 milliards de dollars. Mais bien en peine de rembourser ses échéances, la deuxième économie d'Amérique du Sud risquait le défaut de paiement. "C'est un pas en avant important pour l'Argentine dans le processus de stabilisation macroéconomique, qui permet au pays de continuer à créer les conditions pour pouvoir poursuivre la forte reprise économique" actuelle, a déclaré le ministre argentin de l'Economie Martin Guzman à l'AFP à Paris. Pour M. Guzman, qui a rencontré en France le Club de Paris et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le refinancement des dettes de 2018 et 2019 permettra une "plus grande stabilité" et stimulera "la croissance des investissements", ainsi que "la reprise de l'emploi et de la production".Le nouveau plan d'aide, d'une durée de 30 mois, accordé au titre de "mécanisme élargi de crédit" du Fonds monétaire international, doit permettre à l'Argentine de "renforcer la viabilité de la dette, de lutter contre l'inflation élevée, d'augmenter les réserves, de combler les lacunes sociales du pays", a expliqué l'institution. Si la reprise économique et de l'emploi est sur les rails après la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, l'Argentine "continue de faire face à des défis économiques et sociaux exceptionnels", a néanmoins souligné la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva.Et de citer "un revenu par habitant déprimé, des niveaux de pauvreté élevés, une inflation élevée persistante, un lourd fardeau de la dette et de faibles réserves extérieures".Avant même la pandémie, le taux de pauvreté était proche de 36%, selon des données du FMI. Mme Georgieva estime que le programme économique qui a été élaboré par le gouvernement argentin et qui est soutenu par le Fonds "fixe des objectifs pragmatiques et réalistes, ainsi que des politiques crédibles pour renforcer la stabilité macroéconomique". Le programme devrait ainsi permettre d'assainir le budget argentin et de soutenir la croissance, ce qui permettra de renforcer la viabilité de la dette et de maîtriser "une inflation persistante et élevée".Pour autant, la patronne du FMI observe qu'"un consensus politique et social fort est essentiel pour soutenir la mise en oeuvre du programme de réformes". Le Congrès argentin a donné son aval la semaine dernière à ce montant de prêt. En revanche, il n'a pas voté sur les politiques macroéconomiques elles-mêmes. Malgré les frictions politiques, un responsable du FMI, qui a requis l'anonymat, s'est dit "tout à fait confiant" sur ce programme. Kristalina Georgieva a, elle, reconnu que les risques étaient "exceptionnellement élevés" alors que les retombées de la guerre en Ukraine se matérialisent déjà."La montée dramatique récente des tensions géopolitiques accentue l'incertitude sur les perspectives mondiales de croissance, d'inflation, de prix des matières premières et de flux de capital, avec des implications potentielles importantes pour l'Argentine et pour le programme", notent les économistes du FMI dans un rapport publié vendredi soir.Ils notent aussi qu'une reprise de la pandémie n'est pas exclue sans compter le resserrement des conditions financières mondiales et les chocs climatiques. "De plus, le programme peut échouer à engendrer la confiance et, au fil du temps, à renforcer la stabilité, surtout si le soutien politique au programme faiblit, y compris avant l'élection présidentielle d'octobre 2023", mettent en garde les auteurs du rapport. "Dans ce contexte, un recalibrage précoce du programme, y compris l'identification et l'adoption de mesures appropriées, au besoin, sera essentiel pour atteindre les objectifs du programme", a préconisé Kristalina Georgieva.Le responsable du FMI, qui n'a pas souhaité être identifié, a indiqué qu'un premier examen du programme devrait avoir lieu dès la mi-mai. Il n'a en revanche pas donné de date sur une éventuelle mission dans le pays.