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Leurs rôles économiques d'origine auraient été totalement dévoyés. Celui de permettre des achats d'un certain montant (voitures d'occasion, oeuvres d'art, antiquités, vieux métaux, etc.). Celui de rendre aisées de grosses emplettes par des étrangers de passage. Ou encore celui de se constituer un bas de laine provisoire (d'autant plus intéressant aujourd'hui que les comptes épargne procurent des rendements ridicules). Les attentats de novembre en France ont clairement renforcé la méfiance envers la plus grosse coupure de la monnaie unique : le billet de 500 euros. Il faut dire que ce dernier se distingue. Pas seulement parce que peu de ménages l'utilisent. En effet, ni les Etats-Unis, ni le Japon, ni le Royaume-Uni, ni la Suède, ni le Canada ne disposent plus de coupures aussi élevées. Seule la Suisse imprime encore son billet de 1.000 francs (907 euros au cours actuel). Historiquement, le billet européen aux couleurs violettes avait été voulu par l'Allemagne. Berlin réclamait un successeur au 1.000 deutsche mark (511,29 euros). C'est que les Allemands aiment payer en cash. L'Autriche est dans le même cas. La France, par contre, plaide ouvertement pour un abandon du 500 euros. La Belgique la suit. Non directement concernés, les pays anglo-saxons ne manquent jamais de rappeler tous ses défauts. Le Royaume-Uni l'a d'ailleurs banni de ses bureaux de change dès 2010. L'eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro, a demandé récemment d'étudier la question. A la Banque centrale européenne, seule habilitée à décider, le message a été anticipé et le sujet mis à l'ordre du jour. Plusieurs membres du directoire, Mario Draghi, Benoît Coeuré ou Yves Mersch l'ont confirmé en ce mois de février. Si une disparition devait être décidée, il restera à en définir la forme. Car les billets violets pèsent tout de même... 306 milliards. Les abandonner réduirait la demande pour les euros en général et donc ferait baisser la valeur de la monnaie unique. Cela rendrait plus chers les produits importés. Un problème ? Pas si on considère que la BCE cherche par tous les moyens à faire repartir l'inflation...