Alors que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine persistent, "nous observons un ralentissement de la croissance du commerce mondial, ce qui signifie qu'il ne s'agit pas simplement de mouvements (du commerce) vers une autre partie du monde", a-t-elle déclaré.

Le président Donald Trump ne cesse de souligner que les entreprises américaines quittent en nombre la Chine pour se tourner vers des pays qui ont moins ou pas de barrières tarifaires. Et que les Etats-Unis ne sont pour l'heure pas affectés par les répercussions de la guerre commerciale.

A ce stade, le Fonds monétaire international a calculé que la guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales pourrait réduire de 0,5% la croissance économique mondiale en 2020, a rappelé Gita Gopinath.

"Cela représente un coût important pour l'économie mondiale", a-t-elle également commenté alors que les prochaines prévisions de croissance du FMI doivent être publiées mardi prochain.

Outre le ralentissement et les modifications des flux commerciaux, la guerre commerciale, qui s'est traduite par l'imposition mutuelle de tarifs douaniers punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, érode la confiance et perturbe les investissements en raison d'un climat d'incertitude qui se prolonge.

En revanche, ils n'ont pour le moment pas eu d'impact sur les "déséquilibres extérieurs", estime le FMI dans son rapport sur le secteur externe, publié mercredi.

L'institution de Washington exhorte par ailleurs les pays en déséquilibre budgétaire (surplus ou déficit) à relancer les efforts de libéralisation et à renforcer le système commercial multilatéral fondé il y a 75 ans.

"A court terme, les risques portant sur le financement sont généralement maîtrisés", indiquent les auteurs du rapport. Mais "une intensification des tensions commerciales ou une issue désordonnée au Brexit (...) pourrait affecter d'autres économies fortement dépendantes de la demande étrangère et du financement extérieur".

Le FMI note enfin qu'à moyen terme, en l'absence de politiques correctives, les tensions commerciales pourraient "s'enraciner", et que "des ajustements coûteux et perturbateurs dans les principales économies enregistrant un déficit des comptes courants seraient susceptibles de se répercuter sur le reste du monde".