Economistes et acteurs financiers s'attendent à ce que la Banque centrale américaine annonce une baisse d'un quart de point de pourcentage (0,25 point) des taux d'intérêt au jour le jour, qui conditionnent tous les autres crédits.

La réunion monétaire de la Banque centrale, commencée la veille, "a repris à 9H00 locales (13H00 GMT) comme prévu", a indiqué une porte-parole mercredi.

Après la publication du traditionnel communiqué à 14H00 (18H00 GMT), le président de la Fed Jerome Powell tiendra une conférence de presse.

Le patron de la Fed avait prévenu que l'institution se tenait prête à soutenir l'expansion de la première économie du monde.

La croissance des Etats-Unis est pourtant encore solide (+2,1% au deuxième trimestre), même si elle a ralenti, et le taux de chômage est proche de son plus bas niveau en presque 50 ans (3,7%). Plusieurs indicateurs récents sont au vert comme les dépenses de consommation, l'évolution des revenus ou la confiance des ménages.

La faible inflation, l'apathie de la croissance mondiale et les inquiétudes autour de la guerre commerciale sino-américaine font agir la Fed, qui subit aussi la pression incessante de la Maison Blanche exigeant des taux plus bas.

"Parmi les raisons pressantes pour abaisser les taux figurent le ralentissement international et les menaces sur la croissance. Parmi elles, la dispute commerciale entre les Etats-Unis et la Chine mais aussi le Brexit (...) plombent l'activité économique mondiale", a affirmé Chris Low de FTN Financial.

De son côté, la Banque centrale européenne, qui a maintenu les taux à zéro, a ouvert la voie la semaine dernière à une série de remèdes anti-crise, allant d'une ou plusieurs baisses de ses taux à une possible reprise de ses rachats de dette, en brossant un tableau sombre des perspectives économiques en zone euro.

Quant à la Banque du Japon, elle continue de reconduire sa politique monétaire ultra-accommodante.

M. Powell devrait insister sur la faible évolution des prix aux Etats-Unis pour expliquer l'initiative de la Fed. L'inflation est trop atone au goût de la Banque centrale, qui vise un objectif de 2% qu'elle estime sain pour l'activité économique.

Or l'indice des prix PCE reste éloigné de cet objectif, stagnant à 1,4% en juin comme en mai. L'indice du coût de l'emploi publié mercredi montre aussi que l'avancée des rémunérations a marqué le pas sur un an au 2e trimestre (+2,7% hors inflation).

- Pression maximum -

La Fed devrait aussi donner une indication sur l'attitude qu'elle va adopter ensuite, à savoir patienter ou laisser présager une autre baisse dans la foulée.

Jusqu'ici, les prévisions moyennes de l'évolution des taux par les membres du Comité, publiées mi-juin et qui ne seront pas réactualisées avant septembre, n'évoquent pas plus qu'une modeste baisse jusqu'à la fin de l'année.

Donald Trump, quant à lui, continue d'exercer une pression maximum sur la Banque centrale pour qu'elle réduise le coût du crédit.

Il a réitéré mardi devant des journalistes qu'il voulait "une forte baisse" des taux. Il réclame aussi dans ses tweets que la Fed cesse de réduire le volume des bons du Trésor qu'elle a à son bilan, un délestage qui a pour effet de resserrer un peu les taux.

Selon un rapport du Trésor publié mercredi, il est "probable" que la Fed annonce "la fin de la réduction du bilan si le Comité monétaire décide d'une réduction des taux".

Il n'est pas sûr que Jerome Powell parvienne à faire l'unanimité au sein du Comité monétaire sur la décision d'assouplir les taux qui restent bas, à l'aune des statistiques historiques.

Deux membres ont déjà indiqué leur réticence. Eric Rosengren, de l'antenne régionale de Boston, a déclaré qu'il ne voulait pas réduire le loyer de l'argent "si l'économie va parfaitement bien sans ce coup de pouce".

Il pourrait être suivi par Esther George, de la Fed de Kansas City, qui a jugé récemment que la politique monétaire "était dans la bonne fourchette".

Plusieurs économistes craignent qu'une baisse des taux ne stimule indûment l'économie, en renforçant les risques d'une bulle financière, notamment du côté des emprunts des entreprises, ou en faisant resurgir l'inflation.